UA-63729103-1

21 août 2017

Cueillir ses rires comme des bourgeons" un roman signé Astrid Chaffringeon aux éditions Avant-propos - 168 pages - Avril 2017

Astrid Chaffringeon.jpgAu pied de cet arbre de curiosité, telles des offrandes, se trouvait une multitude de petites boites en aluminium martelé, de tailles différentes mais jamais plus grandes qu'une boite d'allumettes...

Elle en secoua quelques-unes, elles n'étaient pas vides. Sans y être invitée, elle les ouvrit les unes après les autres...

 

Claire fait semblant de vivre en crachant son acidité à voix basse sur un entourage qu'elle aime gentiment asservir. Lorsqu'elle apprend que son fils, encore lycéen, compte finir sa scolarité en Inde, elle sent qu'elle perd pied. Pour faire diversion, elle échange sa maison avec Estelle. Sur l'île où elle s'est réfugiée, Claire ne distingue plus les contours de la réalité.

 

L'écriture de la romancière Astrid Chaffringeon est comme son récit... L'odeur sucrée du papier d'Arménie s'y mélange doucement à la chaleur de la pièce ...

Délicat comme un biscuit sous la première cuisson !

Cueillir ses rires.jpg

15:19 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

20 août 2017

Leçons de grec - Han Kang - Éditions Le Serpent à Plumes - 183 pages - Août 2017

WP_20170820_005.jpg

"Tu es trop littéraire pour faire de la philosophie, me lançais-tu de temps à autre. Ce que tu veux atteindre à travers la pensée n'est qu'une sorte d'extase littéraire."

Je me souviens des discussions que nous avons eues jusque tard dans la nuit. Du silence de bon aloi qui semblait nous avoir attendus, lorsque, quand elles prenaient fin, je tournais mon attention vers un mur vide ou vers les rideau de couleur sombre...

 

Ce qui est éclatant.

Ce qui est clair dans la pénombre.

Ce qui est l'ombre.

 

Leçons de grec est le roman de la grâce retrouvée. Au cœur du livre, une femme et un homme. Elle a perdu sa voix, lui perd peu à peu la vue. Les blessures de ces personnages s'enracinent dans leur jeunesse et les ont coupés du monde.

À la faveur d'un incident, ils se rapprochent et, lentement, retrouvent le goût d'aller vers l'autre, le goût de communiquer. Plus loin que la résilience, une ode magnifique à la reconstruction des êtres par la plus célèbre des romancières coréennes, Han Kang.

Han Kang est née en 1970 à Gwangju, en Corée du Sud. Elle enseigne actuellement dans le département de Creative writing du Seoul Institute of Arts. Traduite dans le monde entier, plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma.


En 2016, Han Kang a reçu le Man Booker International Prize pour La Végétarienne.

 

Un roman éclatant ! Une écriture pudique.

18:14 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

19 août 2017

PORTRAIT DE PIERRE BODSON, UN LIBRAIRE INDÉPENDANT ATTACHANT par Anne Deschamps

261975_106817602743902_6567034_n - Copie (2).jpg

" Pendant ce mois d'août, j'écris le portrait de Pierre Bodson, un homme qui sait aimer les livres, les auteurs et les lecteurs. Il est libraire à Libramont en Belgique.
Nous nous sommes rencontrés quand il accompagnait l'écrivain Franck Andriat à une soirée lecture.

Le courant est passé, en vraie simplicité, parce que Pierre est sans chichis. 

Il fait beaucoup pour la lecture sans s'enorgueillir des chouettes activités qu'il met en place comme son Apéro-Lecture mensuel au restaurant LES GAMINES à Poix Saint Hubert en Belgique. 

Je suis ravie de présenter bientôt UN GRAIN DE PHILO CONTRE LA FOLIE DU MONDE pour ses lecteurs que j'ai rencontrés en juillet. Je sais déjà que je vais devenir assidue à ces moments d'échanges rares avec ceux qui aiment lire.


Comme tous les libraires indépendants, Pierre a le sens relationnel de sa mission de proximité et la conscience du lien social que permet une librairie dynamique.


Sa librairie Le temps de lire est à l'image de son sourire généreux , de sa voix sereine et de son professionnalisme modeste. 

Je me réjouis de vous faire découvrir ce libraire sur la page MON COEUR BAT de ce blog PHILO-DESCHAMPS début septembre 2017".


Anne Deschamps, philosophe de terrain

 

Philo Deschamps.JPG

19:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

Découvrez les publications de Willy Lefèvre sur Facebook

lien facebook Willy.JPG

Willy Lefèvre sur Facebook

facebook-logo.png

00:44 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

15 août 2017

En marche vers Compostelle - Michel Fontaine - Éditions De Borée - 432 pages - Juin 2017

Scan 030001.jpg

A la retraite, l'auteur se lance le défi physique et moral de faire le pèlerinage de Compostelle. Contre toute attente cette expérience humaine le galvanise. Il partage ses découvertes des paysages, ses rencontres, sa propre introspection au fil des chemins.

L'homme étant le seul être vivant conscient de sa mort, il a toujours été à la recherche de réflexions, de justifications qui l'ont amené à s'inventer des dieux et créer des religions pour se convaincre qu'il existe, au-delà de sa propre vie actuelle, une autre vie après la vie terrestre; son rêve étant d'être assez fort pour affronter la mort, une mort dont il espère qu'elle soit un paisible coucher de soleil... 

Et les croyances sont multiples et complexes.

Partir à la recherche de la Paix sur terre et de l'Amour entre les hommes, croiser et se confier à un inconnu, est-ce mieux que d'aller voir un psychologue ?

Telles sont les réflexions de Michel Fontaine !

Tantôt sur le Chemin français, tantôt sur le Chemin espagnol, l'auteur pimente son récit de quelques "incidents" ou faits amusants. Le marcheur et sa compagne amenuisent ainsi les incontournables courbatures d'un inoubliable pèlerinage.

 

 

 

 

 

23:09 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

12 août 2017

Les livres sont des barils de brut... Sylvain Tesson

Les livres - Copie (20) - Copie.jpg

11:12 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1)

09 août 2017

Trahir – Helen Dunmore – Mercure de France – 456 pages – 2017

Trahir.jpg

« Pourquoi est-ce que tu n’aimes pas Chopin, Kolia ?

Je ne sais pas. Il m’agace. Il essaye de faire ressortir quelque chose d’entièrement décidé à l’avance. C’est comme quand une grosse dame vous serre contre sa poitrine en vous pleurant dans le cou. »

Anna ferme les yeux en entendant les premières notes. Kolia a une technique solide, à présent, ses doigts s’activent avec précision, même l’annulaire de la main gauche qui est le plus faible, d’après lui, et le plus difficile à bouger séparément des autres. C’est grâce à cette technique qu’il contrôle aussi bien le son et que ses notes s’égrènent comme des gouttes de pluie. Sous cette averse, le nocturne gonfle et se replie comme une marée puissante.

Derrière la cloison, dans l’appartement voisin, les Malevitch s’énervent, la fouine se manifeste… « Si cela continue, nous allons devoir déposer une plainte officielle. »

 

On est à Leningrad, en 1952. Andreï, jeune et brillant pédiatre, a vu arriver dans son service un petit garçon souffrant d'un très grave cancer des os - le fils unique de Volkov. Or celui-ci n'accepte pas le diagnostic… ni le verdict !

Quoi qu'il arrive, Andreï sera coupable et donc puni.


Alors que faire, quand l'étau se referme sur lui et sa famille ? Partir dans une autre ville ? On le retrouvera. Se cacher ? C'est impossible.

Lâché par ses collègues et amis, tous contaminés par la terreur ambiante et prêts à le trahir, il risque de payer le prix fort.

 

L’auteure Helen Dunmore happe le lecteur dès les premiers mots…

Comme tous les personnages de ce récit, à quelque niveau qu’ils soient, nous sommes pris par l’engrenage d’un système totalitaire, ou nous ne savons plus si c’est un individu ou le pouvoir qui mène le jeu de la répression.

Complot et terreur… Le quotidien de toute une époque.

L’ombre du pouvoir stalinien oppresse… et le lecteur se retrouve saisi par l’atmosphère si bien restituée par l’écrivaine.

Une excellente lecture à découvrir.

 

WP_20170523_042.jpg

Mercure de France.jpg

 

18:19 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

Très cher Gonzague - François-Xavier Van Caulaert

20728954_10155665231392783_240702583687392982_o.jpg

Très cher Gonzague,

la nuit, la Normandie, une route, et Vous voilà parti rejoindre tous ces écrivains que Vous aimiez d'un amour qu'il n'y a pas lieu de chercher à qualifier. Un accident de bagnole... Comme Camus, comme Nimier, comme bien d'autres.
Collision avec un arbre disent les journaux. Pour le créateur de la Forêt des Livres que Vous êtes, cela pourrait fait sourire. Cela ne me fait pas sourire du tout, cela me fait même pleurer.

Votre départ va laisser un trou immense dans la littérature, et plus largement dans la culture pour laquelle Vous aviez un amour sans failles, ni limites.
Gonzague Saint Bris, Vous étiez cet être multiple et solaire, ce physique balzacien, aussi imposant, qu'impressionnant. Écrivain, journaliste, créateur de festivals et de manifestations littéraires, dandy, ami de bien des écrivains. En écrivant ces quelques mots, je me rends compte que un livre ne suffirait pas à Vous esquisser. Il y a bien sûr l'homme public, et derrière celui-là, l'homme privé, que pour ma part, je n'ai pas eu l'occasion de connaître.

J'ai adoré Vous retrouver à plusieurs reprises lors de ses quinze dernières années, et notamment lors d'une édition mémorable de Votre Forêt des Livres. Chaque moment avec Vous fut délicieux, drôle, passionnant, romanesque, simplement à Votre image.
Nous avions de belles discussions sur ces écrivains pour lesquels nous avions un amour commun : Sand, Musset, Proust, Hugo, pour ne citer que ceux-là.

Je garderai de Vous, Vos mots, Vos encouragements dans mon chemin d'écriture et de partage de la Littérature.

D'une manière ou d'une autre, Vous serez à jamais ce dandy vivant, excentrique, passionnant et passionné.
Belle route à Vous et embrassez George puisque c'est à son bicentenaire que nous avons eu la chance de nous rencontrer pour la première fois.

Merci pour tout

Votre François-Xavier

photos : copyright Willy Lefèvre

20638840_10155665232797783_4722258347649831545_n.jpg

20770011_10155665232147783_3853627639107421518_n - Copie.jpg

00:34 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1)

07 août 2017

Rouget le braco - Ferdinand Hervé-Bazin - Editions Marivole - 414 pages - Mai 2017

Rouget le braco.jpg

Louis Rouget, homme simple, pauvre et braconnier, est devenu à son insu héros de légende pour toute la région angevine, sans avoir la reconnaissance d'un Robin des Bois ou d'un Guillaume Tell.

13 février 1857, la salle d’audience de la Cour d’assises d’Angers est comble et les abords du Palais noirs de monde. C’est qu’on allait juger Rouget, le fameux braconnier de Daumeray et de Durtal, qui depuis deux ans et demi, dans le pays boisé du Baugeois et de La Flèche, tenait tête à la force publique !

Le 9 juillet 1854, Louis Rouget blesse deux gendarmes alors qu’il était interpellé en forêt. C’est le début d’une formidable aventure où le braconnier, réfugié au fin fond des bois, aidé de ses amis et des fermiers de la région, pour qui il est une sorte de héros. Il échappe à la traque dont il fait l’objet. Il sème la gendarmerie, la police et les trois compagnies d’infanterie de ligne envoyées à sa poursuite. Cette chasse à l’homme à cent contre un prend fin le jour où Rouget est trahi par une fiancée éconduite… Tour à tour roman policier et chronique des moeurs paysannes en Anjou sous Napoléon III, Rouget ou le braconnier d’Anjou tiendra le lecteur en haleine de la première à la dernière page.

Ferdinand Hervé-Bazin, grand-père de Hervé Bazin, est le premier à s'intéresser à cette figure locale, dans un roman publié en 1949 sous le pseudonyme de Charles Saint-Martin.

Un roman historique haut en couleurs qui plonge le lecteur dans la joie d'une écriture riche des parfums du terroir.

 

21:16 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

06 août 2017

Le prophète du néant - CeeJay - Maelström Éditions - 264 pages - Juillet 2017

CEEJAY Le prophète du néant.jpg

« Les prophètes sont à venir »

À l’heure où le dialogue semble de plus en plus difficile à nouer entre l’Occident et l’Orient, Ceejay fait le pari du prophète-poète car il sait justement que nul ne l’est dans son pays. Avec ce second recueil, l’auteur, qui est d’abord peintre et sculpteur, développe une langue dépliée, incantatoire par moments comme un chant, une prière, celle lancée par le muezzin, une psalmodie et revendique une parentèle avec le projet poétique soufi. Si le pari est audacieux, c’est qu’il va à rebours du contexte de repli identitaire auquel on assiste aujourd’hui. En misant sur l’autre, en interrogeant  les vécus intimes de chacun, le poète érige des ponts du Nord au Sud, tend « des cordes de clocher à clocher » – à minaret – pour tenter de s’extraire du néant, pour échapper à cette « saison en enfer » qui plombe et enferme. Sans oublier de laisser la parole à ceux qui n’ont peut-être pas ou plus assez de mots pour chanter, Ceejay traverse son Orient à la manière d’un pèlerin, d’un frère. La poursuite du dialogue, la liberté de la parole échangée sont les derniers remparts contre l’aveuglement et la cécité. Le poète est prophète, voyant bien sûr et toujours curieux des choix de l’Autre. Il nous rappelle que les feux qui attisent la foi du croyant comme de l’athée sont des âtres dansant et non les flammes d’un bûcher.

Prince déchu réduit à l’état de reclus
Toi l’homme, l’ange, le dieu et le démon
Tout se perd il ne reste qu’à mourir.

Dans ce laps il faut vivre
Parole de prophète
Mots de poète.

Toi mon frère
Que ta vie soit un chemin de roses
Loin des docteurs de la foi.

Tels des versets hiératiques qui précéderaient le souffle du temps et « les nuits bleues d’Orient », les vers de l’auteur, s’ils mêlent subtilement poésie et prière, s’ancrent également dans la description d’un paysage, l’effervescence d’une ville marocaine ou égyptienne.

La rue, la foule, ses cris
Coups de klaxon incessants
Le vent qui souffle à travers les rues à angles droits
Feux de signalisation qui ne servent à rien
Emsemen
[1] et cigarettes à la pièce vendus sur le trottoir

Enfin, signalons l’usage dans le texte de nombreux mots arabes translittérés ou de poèmes traduits en arabe qui participent de cette attention à l’autre qui traverse le recueil, de cette volonté d’appréhender les autres réalités. Comment dès lors le faire si ce n’est par le langage comme une assomption verbale du réel ?

Rony Demaeseneer

Le Carnet et les Instants

Revue des Lettres belges francophones

WP_20170716_038 - Copie.jpg

01:21 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1)

02 août 2017

Devoir de mémoire – Eric Dupuis – Éditions Ravet-Anceau – 324 pages – Juin 2017

Devoir-de-memoire - Copie.jpg

En pleine débâcle dans son couple, et juste de retour d’un poste en ambassade au Kurdistan, Philippe Cuvelier, major de la police nationale, est alerté par un proche voisin d’un souci dans la propriété de ses vieux parents…

 

Edith, âgée et malade, se cloître dans sa résidence du bassin minier, fusil à la main, pour se protéger de mystérieux hommes en noir.

 

Le major Iwan Kaczmarek et  Constantini un ex-agent à la retraite découvrent chez elle le corps de son mari. Si Kaczmarek est persuadé de la culpabilité d'Edith, Constantini, ancien responsable de la brigade criminelle de Lille n'en est pas sûr.

 

Le passé d'Edith, favorite malgré elle d'un SS pendant la guerre, semble refaire surface.

 

Pour Constantini, cette affaire lui en rappelait une autre traitée par son père, lui aussi dans la police dans les années 50, comme inspecteur. Dans la région il était question de disparitions inquiétantes et plus précisément dans le canton d’Hénin-Liétard, alors que quelques hommes venaient de regagner leur foyer conjugal, suite à une déportation…

 

Eric Dupuis nous plonge dans une affaire qui sent la poudre et qui bien évidemment devient de plus en complexe au fil des pages.

 

L’équipe formée par Bordas et Kaczmarek a-t-elle les reins assez solide pour la traiter ?…

 

L’auteur, un brin sanguin et fougueux, se permet quelques petites entorses qui donnent au récit ce piment tant apprécié des lecteurs qui le suivent. 

S'il gagnerait à être élagué de certains passages aux termes administratifs trop carrés, le récit reste « fleuri » de tournures très amusantes.

Un ouvrage captivant et intéressant surtout en ce qui concerne les Lebensborn d’une part et l’observation de la dégénérescence de certaines personnes âgées d’autre part.

13:41 Publié dans Jeux | Lien permanent | Commentaires (1)

31 juillet 2017

Bruxelles au tableau noir Le patrimoine des écoles, miroir de la guerre scolaire - Thierry Demey - Guides Badeaux - 2016 -

Bruxelles au tableau noir.jpg

La liberté de l’enseignement, recouvrant aussi bien celle d’enseigner que de choisir son école, a été inscrite dans la Constitution belge de 1831 en réaction à la mainmise de l’Etat sur l’éducation pendant les régimes français et néerlandais. C’est le début d’une guerre d’influence permanente entre cléricaux et laïcs, oscillant entre confrontation et compromis, dont le point d’équilibre mettra plus d’un siècle à être trouvé. Face à l’écrasante domination de l’école libre confessionnelle, l’école publique a dû se faire une place au forceps. Pas à pas, elle a acheté son développement en échange du soutien financier de l’Etat et des collectivités locales aux institutions catholiques, assorti d’un contrôle sur ses programmes. Le pacte scolaire (1958) a mis un terme définitif à la guerre scolaire en plaçant les deux réseaux sur pied d’égalité.

Le patrimoine des écoles reflète cette opposition idéologique à la fois dans les styles adoptés et la façon de construire. Même si elle obéit à des normes fonctionnelles d’hygiène et de confort, l’école publique sacrifie avec autant d’ardeur que l’école confessionnelle aux références historiques pour l’habillage de ses édifices. Pour la première, l’âge d’or de la Renaissance exalte les valeurs civiques, les vertus du droit et des libertés qui ont l’Antiquité revisitée pour berceau. Pour la seconde, la civilisation chrétienne médiévale conduit à revisiter les styles gothique et roman qui ont fait sa gloire.

Demey 01.JPG

Scan.jpg

Badeaux.JPG

18:16 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

29 juillet 2017

Le Roman d'Héliopolis - Amélie d'Arschot Schoonhoven - Avant-propos éditions - 204 pages - Mai 2017

le roman d'héliopolis.JPG

L’un avait les moyens de ses ambitions et une envie de briques issue de cette passion de la truelle qui le prenait aux tripes, l’autre était réputé pour glisser un doigt dans toute affaire juteuse conclue en Égypte.

Edouard Empain, c’est une locomotive avec un chauffeur qui veut brûler les feux à vive allure. Il s’est fait seul.

Boghos Nubar, quant à lui, il doit peiner pour imposer son prénom. C’est son père qui est célèbre en Égypte et au-delà des frontières.

Ces deux-là devaient se rencontrer. 

Héliopolis fut bien plus qu’une superbe ville, elle a représenté tout un art de vivre et un esprit de tolérance permettant aux différents cultes de se côtoyer. Un tableau vivant d’une époque révolue, une parfaite maîtrise du sujet rendent le récit captivant. Au travers des lignes se dessine, comme des hiéroglyphes, la passion qu’éprouve l’auteure pour l’Égypte.

 

Mais pour le chroniqueur qui signe le présent billet, Héliopolis et plus précisément le Palace Hôtel qu’Edouard Empain avait voulu le plus somptueux de son temps éveillent des souvenirs familiaux. En effet, le bâtiment, réquisitionné durant la Première Guerre mondiale pour devenir un hôpital militaire, fut le point de ralliement donné en juin 1915 au soldat australien Thomas William McKay (mon grand-père maternel) pour se présenter devant le Directeur médical des Forces armées australiennes ayant leur quartier dans ce palace. Cette anecdote toute privée qu’elle soit ne pouvait être passée sous silence !

L’auteure nous plonge ici dans les coulisses de la Grande Exposition universelle de 1900 à Paris et fait revivre, sous sa plume animée, les personnages clés de cette extraordinaire aventure : le roi Léopold II sans qui les intérêts belges en Égypte n’auraient pu se développer, les hommes d’affaires de même que les architectes de talent. Ceux-ci ont réalisé une ville sublime sur le plan architectural.

Le capitaine d’industrie Édouard Empain s’était alors associé à Boghos Nubar, fils du Premier ministre égyptien, pour acheter les premiers milliers d’hectares de terrain nécessaires.

Mais quelles étaient leurs motivations ? Où et comment Empain a-t-il eu cette idée ingénieuse ?

 

Pour la petite histoire, notons aussi que cette foi et cette envie entrepreneuriale se transmettront au fils d’Édouard, Louis Empain qui ne manquera, pas à son tour, de devenir un promoteur de l’autre côté de l’Atlantique en créant au Québec Sainte-Marguerite du lac Masson.

Une tout autre aventure elle aussi.

 

L’auteure, Amélie d’Arschot, historienne et conférencière, descendante de Boghos Nubar Pacha, nous fait revivre cette fabuleuse aventure de la construction de la ville d’Héliopolis en plein désert à quelques kilomètres du Caire en 1905.

 

Willy Lefèvre

ShowImage.aspx 21.jpg

21:12 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

28 juillet 2017

Willy Lefèvre, la fièvre du blogueur de livres - Ecoutez Willy Lefèvre au micro d’Edmond Morrel

"Les Plaisirs de Marc page" , un blog de Willy Lefèvre

Willy biblioth.jpg

Il s’appelle Willy Lefèvre sur Facebook, mais vous le connaissez peut-être sous le pseudonyme de Marc Page dont il signe les articles de son blog , une identité qu’il a choisie par goût du jeu de mot mais aussi pour signifier sa passion : les livres ! Il les dévore comme le rat de bibliothèque dont la photographie illustre le blog, il ne s’en rassasie jamais. C’est un lecteur qui fonctionne au coup de coeur : si un livre l’a séduit, il peut en vanter les qualités à longueur de publications sur son facebook. Il a l’art de mettre en scène les couvertures des livres qu’il photographie dans les lieux qui peuvent l’évoquer : ainsi une boulangerie pour son roman fétiche ("Zoé" de Alain Cadéo), la plage de la Mer du Nord (pour "L’année dernière à Saint-Idesbald" de Jean Jauniaux, ou un restaurant corse de Bruxelles pour "La femme qui ne voulait plus faire l’amour" de Pierre Kutzner) ).

Nous l’avons rencontré chez lui, à Bruxelles. Les murs de son appartement sont tapissés de livres, lus, relus, à lire... J’aurais dû le mettre en garde contre l’invasion des livres en lui suggérant la lecture de "L’amateur d’escargots" une nouvelle de Patricia Highsmith. Mais je suis sûr que dès la fin de la lecture de ces quelques lignes, Willy Lefèvre va se précipiter dans une librairie et dévorer ce recueil qui rejoindra le mur "auteurs anglo-saxons".... Ecoutons ce diable d’homme-livre nous raconter les aléas qui l’ont conduit à cette passion dévorante qu’il partage avec autant de bonheur que d’enthousiasme avec ses visiteurs, réels ou virtuels...

Edmond Morrel le 18 août 2015

Ecoutez Willy Lefevre au micro d Edmond Morrel (36.8 Mo)

11113890_10206665536663028_3887727229675845517_o.jpg

 

01:00 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (2)

23 juillet 2017

Bruxelles - La Vie quotidienne à Bruxelles au XIXe siècle par Joseph Van Wassenhove - Samsa édition - 313 pages - 2017

Bruxelles0001.jpg

À travers cette véritable promenade littéraire étonnante, par les lieux pittoresques de Bruxelles, on découvre une ville encore « campagnarde » et « provinciale. »

Outre les peintres, les témoins les plus fiables de cette époque sont les auteurs qui l’ont vécue, plus particulièrement les écrivains réalistes belges. Leurs écrits comportent de nombreuses évocations objectives de la physionomie et des mœurs bruxelloises du xixe siècle, un siècle caractérisé par une mutation profonde tant des mentalités que des conditions de vie. La valeur de ces images se trouve encore accentuée du fait que Bruxelles a connu, à cette époque, des transformations importantes — voire dévastatrices — qui ont incité les écrivains à sauver de l’oubli les aspects pittoresques de la ville.

C’est avec un plaisir intense qu’on se laisse entraîner dans ces évocations littéraires. Il est passionnant de voir comment vivait cette jeune capitale avant qu’elle ne devienne la capitale de l’Europe.

Les témoignages des écrivains réalistes belges sont complétés par les évocations de quelques grands auteurs étrangers tels que Brontë, Baudelaire, Hugo, de Nerval, illustres visiteurs — ou résidents — de la ville à cette époque. Leurs séjours à Bruxelles s’échelonnent sur un laps de temps assez étendu, ce qui a permis, dans de nombreux cas, de comparer ou d’opposer leurs vues à celles des auteurs belges.

Tous ces témoignages nous permettent ainsi de remonter le temps et de nous laisser envoûter par le dépaysement et la nostalgie en découvrant une ville souvent insoupçonnée.

Joseph Van Wassenhove, tel un ventriloque, nous fait découvrir ceux qui animent la vie fourmillante de la capitale au XIXe siècle.

Ouvriers, commerçants, fonctionnaires, religieux, enseignants, artistes et cuisiniers... tous sous la plume d'écrivains, peintres ou graveurs revivent pour notre plus grand divertissement.

 

  WP_20170723_032.jpg

20:24 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)