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22 janvier 2018

Le roi, Donald Duck et les vacances du dessinateur – Patrick Roegiers – Grasset – Janvier 2018

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Bord du Lac Léman, juillet 1948.

Du brochet à toutes les sauces…

Nous sommes en Suisse, pays de l’horloge.

Si l’adage selon lequel les Allemands sont en avance, les Français en retard et les Suisses à l’heure juste… Observons que pour un Suisse, être à l’heure, c’est déjà être en retard.

Léopold était né le 3 novembre en 1901, Georges, le 22 mai 1907 à 6h30 du matin… et, pour le lecteur que je suis, le plus discret, né un 22 septembre, celui qui va tout orchestrer, qui va le plus m’amuser, je l’appellerai l’instant de cette chronique Pat-aiR.  …

Et d’air il n’en manque pas…

« Coin-coin ! »

Marcher c’est penser. « Les grandes idées naissent au grand air », disait Nietzche, que les deux premiers susnommés n’avaient pas lu.

Le premier, roi, plus pour longtemps, toujours élégant, sportif, aimant les belles voitures et les belles femmes… avait été veuf rapidement.

L’autre, dessinateur, avait eu un premier amour déçu avec la fille d’un décorateur qui lui avait refusé sa main et qui s’appelait… Milou.

Notre Pat-aiR va alors construire un récit époustouflant, nous embarquant dans une nacelle, nous laissant voir et entendre ce que les protagonistes vont se confier, s’échanger…

Le balancier de cette vieille horloge suisse est alors soulevé par une plume… mais pas celle d’un volatile.

Un de ces appendices tégumentaires, taillé pour décrire l’instant, suspendre le temps, briser les dictats de l’écriture… sifflera l’air comme la flèche figeant la pomme !

Le tout sur le rythme effréné de la célèbre Ouverture de Guillaume Tell de Rossini, l’inventeur du tournedos.

 

A l’apogée de son talent, lâchant des perles cristallines, des trilles, des roulades, envoûtant ceux qui jouissent de son écriture, châtiant ses détracteurs, châtrant les tenants du plaisir solitaire qui restent seuls admiratifs de leurs scribouillages, Pat-aiR, Patrick Roegiers pour enfin le nommer, use à nouveau de son style flamboyant.

Gageons que l’on va encore beaucoup jaser dans les salons des Académies.

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18 janvier 2018

Les premières perles de la rentrée littéraire de 2018 : Zellweger, Roegiers, Crommelynck, Lemaître, Maugenest, Hiltunen, etc...

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2018 s'annonce riche en nouvelles découvertes. Un choix arbitraire doit se faire devant l'avalanche de livres qui nous sont proposés.

Voici quelques titres pour la plus grande joie de la lecture !

 

Scan_0001.jpgLes Espionnes du Salève – Mark Zellweger – éd. Eaux troubles

En juin 1940, l'armée allemande marche sur Paris. Le service de renseignement suisse surveille les frontières, tandis que les filières de passage de la France vers la Suisse romande se mettent en place et que la résistance s'organise entre Genève et Lyon. Hannah Leibowitz, rescapée du ghetto de Lodz, arrive à Genève et prend la tête d'un groupe de résistantes.

 

 

9782246860211,0-4693903.jpgLe roi, Donald Duck et les vacances du dessinateur – Patrick Roegiers – éd. Grasset

En juillet 1948, Léopold, le roi des Belges et Hergé, le père de Tintin, se rencontrent au bord du Lac Léman. L'un est en exil et l'autre soigne sa dépression. Ils se confient l'un à l'autre pour se désennuyer. En réalité, ils jouent leur propre rôle dans un film où se croisent Donald Duck et des acteurs du cinéma américain du début du XXe siècle.

 

 

CeeJay Couverture Le prophète du néant.jpgLe Prophète du néant – CeeJay (Jean-Claude Crommelynck) – MaelstrÖm

Ce qui a motivé l'écriture du Prophète du néant est le temps présent, ce qu'il annonce, ce qu'il transforme.

Les poètes, comme tous les artistes, sont des voyants, leurs écrits sont prophétiques et ne seront compréhensibles et admis que plus tard.

 

Etienne de Silhouette.jpgEtienne de Silhouette (1709-1767) Le ministre banni de l'histoire de France - Thierry Maugenest ) - éd. La Découverte

Biographie de ce ministre des Finances de Louis XV qui mena une politique novatrice afin de soulager le peuple en taxant la finance et la noblesse, une décision que l'aristocratie ne lui a pas pardonnée. Figure oubliée, il fut un des grands hommes du XVIIIe siècle, à la fois voyageur, écrivain et espion.

 

Scan_0002.jpgL’autre voie – Boris Akounine – éd. Louison

Ce roman offre un portrait poignant de la jeunesse soviétique de l’entre-deux-guerres. Elle est à la fois pétrie d’optimisme et inquiète de l’avenir, au sein d’une société qui dessoûle lentement et douloureusement de l’ivresse de la révolution. L’Autre Voie est le deuxième volet de la trilogie Album de famille, un récit du XXe siècle russe que l’on découvre à travers le destin de plusieurs personnages.

 

Scan_0007.jpgL’infinie patience des oiseaux – David Malouf – éd. Albin Michel

1914, Queensland, en Australie. Ashley Crowther, qui a hérité de la ferme de ses parents, engage Jim Saddler pour travailler à la création d'un sanctuaire pour oiseaux migrateurs. Ce dernier devient ami avec Imogen Harcourt, une photographe anglaise. Plus tard, les deux jeunes hommes s'engagent dans la guerre, d'où ils ne reviendront pas, et laissent Imogen seule en Australie.

 

 

Scan_0006.jpgCommunity – Estelle Nollet – éd. Albin Michel

Cookers, un cuisinier néo-zélandais, s'embarque pour New Aberdeen, un îlot de l'hémisphère Sud à des milliers de kilomètres de toute terre, pour nourrir une équipe de neuf scientifiques et militaires. Mais le système informatique tombe en panne et les isole du monde et le bateau censé les ravitailler n'arrive jamais. Les mois passent et certains décident de partir sur une embarcation de fortune.

 

 

Scan_0005.jpgCouleurs de l’incendie – Pierre Lemaitre – éd. Albin Michel

En 1927, à la mort de son père, Madeleine Péricourt se retrouve à la tête d’un empire financier. Mais son jeune fils Paul marque de façon tragique le début de sa déchéance. En butte aux ambitions frustrées et aux jalousies de son entourage, Madeleine tente de s'en sortir.

 

 

 

Scan_0004.jpgLaRose – Louise Erdrich – éd. Albin Michel

Dakota du Nord, 1999. Au cours d'une partie de chasse, Landreaux Iron tue accidentellement le petit garçon de son ami Peter Ravich. Horrifié, il décide de respecter une ancienne coutume de sa tribu indienne et offre son plus jeune fils, LaRose, aux parents en deuil. Cette décision, mise en parallèle avec un événement similaire survenu dans les années 1840, bouleverse les deux familles.

 

Scan_0003.jpgLe Cirque de la solitude – Nadia Galy – éd. Albin Michel

Jacques est élu président de l'Assemblée corse. Il prépare un référendum pour l'indépendance de l'île lorsque son père lui avoue que le contremaître de leur domaine viticole a renversé un travailleur marocain avec son tracteur et l'a enterré sur leur propriété. Jacques est alors face à un dilemme, dénoncer celui qu'il considère comme un frère ou étouffer l'affaire.

 

Scan_0010.jpgLa disparue de la cabine n° 10 – Ruth Ware – éd. Fleuve noir

Laura Blacklock, journaliste, s'apprête à sillonner les mers du Grand Nord à bord de l'Aurora, un yacht luxueux. Entre champagne et bavardages, tout se passe bien jusqu'à ce qu'elle voie, en pleine nuit, la passagère de la cabine voisine être jetée à l'eau. Seulement personne ne manque à l'appel et elle est la seule à avoir vu le meurtre.

 

 

9782265117273,0-4697478.jpgTrente jours – Annelies Verbeke – éd. Fleuve noir

Trente jours de la vie d'Alphonse, musicien, artisan... et " faiseur de miracles ". Récemment installé avec Kat, sa femme, dans un village de Flandre Occidentale, il a renoncé à sa carrière de contrebassiste de jazz pour devenir peintre en bâtiment. Un choix qui lui a révélé un curieux don : au-delà de leurs murs, ce sont les failles de leur intimité que ses clients lui confient, dans l'attente d'un conseil, d'une aide ou d'un pardon.

 

9782265116450,0-4751227.jpgSi vulnérable – Simo Hiltunen – éd. Fleuve noir

La famille Virtanen est unie, bien sous tous rapports. Les parents ont un emploi stable, leurs deux filles mènent une scolarité brillante. Ils sont sociables, serviables, avenants. Tous leurs voisins s’accordent à le dire. Pourtant un jour, tout bascule. Le père tue des enfants et son épouse avant de se donner la mort.

 

 

Scan_0011.jpgLe cas singulier de Benjamin T. – Catherine Rolland – éd. Les Escales

Une crise d'épilepsie propulse Benjamin dans une autre réalité. Il se trouve en pleine Seconde Guerre mondiale, en compagnie de jeunes hommes. Le Benjamin de 2016, qui est aussi le Benjamin de 1944, se retrouve à cheval entre deux époques, deux mondes et deux vies possibles. Pourra-t-il choisir celui qu'il veut être ? Une réflexion sur les choix qui engagent toute une vie.

 

Scan_0012.jpgBrigitte Macron - L’affranchie – Maëlle Brun – éd. L’Archipel

Subjuguée par l'intelligence de son époux, elle se définit comme « la présidente de son fan-club ». Elle dit ne jamais l'influencer mais se contenter de « l'accompagner »...Pourtant, nul ne doute que, pour Emmanuel Macron, Brigitte est bien plus que ce qu'elle prétend. Depuis leur rencontre au lycée de la Providence jusqu'au perron de l'Élysée, elle n'a cessé de l'inspirer et de le guider.

 

Scan_0013.jpgLes passagers du siècle – Viktor Lazlo – éd. Grasset

Dans un bordel de Dantzig, en 1906, Samuel Wotchek et Josefa Yamissi tombent amoureux. Ils veulent refaire leur vie en Martinique, au risque de tourner le dos à la souffrance de leurs ancêtres. En effet, Samuel est le descendant d'un Juif polonais qui a connu l'espoir et les tragédies, et Josefa, la descendante d'une femme arrachée aux siens, vendue comme esclave au Sénégal puis envoyée à Cuba.

 

Scan_0014.jpg1531 Le Phénix – Thierry Jacquemin – éd. Jourdan

Une ode originale et décoiffante à la liberté : un droit, mais aussi un devoir à exercer en accord avec sa perception de la vérité et des valeurs, dans un environnement philosophique, sociétal et politique chaotique, où d’autres humains perçoivent d’autres vérités et tentent d’imposer d’autres valeurs.

 

 

Scan_0016.jpgLa nuit je vole – Michèle Astrud – éd. Aux forges de Vulcain

Non seulement Michèle est somnambule, mais elle vole dans son sommeil et peut ainsi se réveiller au sommet d'une montagne. Ce don particulier éveille l'intérêt de tous, la plonge dans de nombreux questionnements et bouleverse son rapport aux autres.

 

 

Scan_0015.jpgDispersion – Carino Bucciarelli – éd. Encre Rouge

« Je peux le jurer, ma main et même toute une partie de mon avant-bras se sont liquéfiées un bref instant sous mes yeux. »

Ainsi commence la première histoire de ce livre. Et, dès lors, l’auteur va nous entraîner dans un labyrinthe où passeront tour à tour un oiseau inquiétant, un meuble qui s’humanise, des êtres fous sortis de mondes imaginaires et des hommes ou des femmes comme vous pris dans les délires de leur vie quotidienne.

 

Scan_0017.jpgLes Egarés – Edith Soonckindt – éd. MaelstrÖm

Soonckindt a demandé à sept amis aux quatre coins du monde de lui raconter une journée type de leur vie. Elle a trié ces données et tenté d'en déduire des statistiques mondiales. Le résultat, un récit tantôt absurde, tantôt poétique, dans lequel s'immisce un Japonais inconnu, parle de ces quatre coins du monde, mais surtout de Bruxelles, centre névralgique et ville de tous les possibles.

 

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17 janvier 2018

Hommage à Bernard de Fallois - Bernard de Fallois chez Georges Simenon par Jean-Baptiste Baronian

actualite_image_bernard.de.fallois.jpgMa première rencontre avec Bernard de Fallois date de 1985, au Grand Véfour à Paris. Il y avait convié à déjeuner quelques critiques littéraires pour la parution en français du Chagrin des Belges de Hugo Claus chez Julliard, et j’avais eu l’occasion, entre la poire et le fromage, ou peut-être entre le fromage et le café, de lui adresser la parole. Je lui avais notamment dit que j’avais beaucoup apprécié son livre sur Georges Simenon publié en 1961 dans la collection « La Bibliothèque idéale » de Gallimard dirigée par Robert Mallet, un des tout premiers essais consacrés au père du commissaire Maigret.

Il avait répondu à mes questions par bribes et morceaux. Des généralités. Presque des lieux communs. Du moins, c’est le souvenir que j’ai gardé de cette conversation à bâtons rompus, en présence de Hugo Claus qui, ce jour-là, était intarissable et heureux, me semblait-il, d’être fêté à Paris.

Des années plus tard, j’ai revu Bernard de Fallois à plusieurs reprises à déjeuner en compagnie de Vladimir Dimitrijévic, le fondateur de L’Âge d’Homme, que j’ai connu, lui, en 1970 et dont je me targue d’avoir été un ami. Ils se vouvoyaient, toujours respectueux l’un de l’autre, sans jamais trop se dévoiler, sinon pour s’en prendre aux mœurs du monde de l’édition en France et constater que les éditeurs n’étaient plus ce qu’ils avaient encore été dans les années suivant la Seconde Guerre mondiale et qu’ils publiaient tous les mêmes livres, à de très rares exceptions près. Et parmi elles, il y avait Christian Bourgois, qu’ils aimaient et tenaient tous les deux en haute estime.

Au cours de ces déjeuner (nous en avons eu trois ou quatre, si j’ai bonne mémoire, tous dans un petit restaurant auvergnat de la rue Servandoni, où le saint-pourçain était en général à l’honneur), je n’étais jamais qu’un témoin, qu’une espèce de spectateur passif. Sauf que je me trouvais en chair et en os à la même table que ces deux grands éditeurs et que, de loin en loin, il leur arrivait de me poser une question et de me demander mon avis. J’en ai donné un, je me souviens, sur les Éditions Actes Sud, dont Bernard de Fallois et Vladimir Dimitrijévic avaient, de concert, réprouvé la présentation et le format.

Quand ils n’évoquaient pas les curieuses mœurs de leur métier, ils s’échangeaient des propos sur certains des auteurs qu’ils avaient coédités, au début sous le double nom de Julliard/L’Âge d’Homme, par la suite à l’enseigne des Éditions de Fallois/L’Âge d’homme. Ils admiraient énormément Vladimir Volkoff et sa tétralogie romanesque Les Humeurs de la mer. Ils la considéraient comme un chef-d’œuvre de la littérature française de la seconde moitié du XXe siècle, au même titre que Les Deux Étendards de Lucien Rebatet ou Belle du seigneur d’Albert Cohen. Et ils déploraient le fait que cette évidence échappe à l’attention des professeurs de lettres dans les collèges et les universités de l’Hexagone – des individus dénués, selon eux, du moindre discernement littéraire.

J’écoutais, je ne disais pas grand-chose. D’ailleurs, les nombreuses fois que j’ai été en présence de Bernard de Fallois, après qu’il est devenu mon éditeur (j’ai publié chez lui quatre livres, de 2010 à 2014), je l’ai surtout écouté raconter ses souvenirs, ses rencontres, ses passes d’arme avec ses confrères et tous ces personnages promus un jour, comme par hasard ou comme par mégarde, à la tête d’un grand groupe éditorial ou tapis obscurément dans les allées du pouvoir, plus dangereux, plus venimeux que des cobras.

Parmi les dizaines d’anecdotes qu’il m’a narrées, celle qui m’amuse le plus concerne Georges Simenon.

À la fin des années 1950 et au début des années 1960, Bernard de Fallois lui avait rendu visite à plusieurs reprises à Échandens, dans le canton de Vaud, pour préparer son livre à paraître chez Gallimard. Georges Simenon, m’a-t-il confié, avait exigé que lors de ces séances de travail, il ne soit dérangé par personne – absolument et strictement personne. Or un beau jour, contre toute attente, sa secrétaire avait surgi dans son bureau, toute tremblante et ânonnant d’une voix émue que quelqu’un s’était annoncé et lui avait parlé du Prix Nobel.

Georges Simenon avait alors bondi de sa chaise et avait aussitôt quitté la pièce, sans un mot et sans un regard pour Bernard de Fallois. Après cinq minutes, cinq minutes à peine, il était revenu, les traits tirés, visiblement mécontent, et s’était emparé de sa pipe d’un geste brusque, au risque de la briser en mille morceaux.

Avant de poursuivre leur entretien, Bernard de Fallois, un tantinet indiscret, s’était inquiété de savoir, du bout des lèvres, ce qui avait bien pu se passer…

Je me rappelle qu’à ce point de son récit (nous étions, cette fois, dans un excellent restaurant de la rue Lavoisier), Bernard de Fallois a eu l’air songeur et qu’il s’est accordé un bref moment de silence. Il devait revoir la scène dans son esprit, comme si elle venait tout juste de se produire.

– Vous savez qui était ce visiteur ? Un simple voyageur de commerce faisant du porte à porte. Il voulait vendre à Georges Simenon une collection complète des Prix Nobel de littérature !

 

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Jean-Baptiste Baronian

10:49 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

La méthode Cadéo une interview d'Alain Cadéo par Amandine Glévarec

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Amandine Glévarec – Cher Alain, comment l’écriture résonne-t-elle en vous? 

Alain Cadéo – Vous le savez, écrire, c’est s’enfoncer dans un profond silence. Pages de plomb dans les abysses de la pensée. On devient Nautilus sans sonar, frôlant de grandes ombres vivantes, rêvant de pouvoir un jour faire surface dans une crique blonde de repos. Pas un instant de paix dans cette mer infestée de fantômes. À l’aveuglette, un peu crispé, tout à l’oreille, on avance, trois nœuds. On se faufile, serrant les dents, comme on peut, entre des troncs de corail. On érafle sa coque. On saigne du mazout. Et on poursuit tout doucement ce voyage de fou, tendu vers la pensée de la Lumière.

A. G. – D’où vient le besoin de publier ? Si l’écriture est un plaisir, pourquoi ne pas se contenter de celui-ci ?

A. C. – Parce que nous sommes fragiles, éphémères et vaniteux. Non contents de nous faire plaisir, nous prétendons à un brin de reconnaissance. Je me demande souvent à quoi rime cette ribambelle de mots lâchés dans le cosmos. Le tout est de se convaincre qu’ils sont indispensables, pour soi, pour d’autres. Peut-être aussi que cela fait sourire les anges.

Publier, c’est l’autre versant de l’écriture. Et puis surtout c’est le meilleur moyen de rencontrer une famille d’esprit. Au jeu des sept familles je veux absolument rencontrer tous les zèbres courant dans tous les sens sur cette terre. C’est bon de brouter ensemble nos îles de papier.

A. G. – Quelle a été votre première publication, chez quel éditeur, et surtout comment étiez-vous entré en contact avec lui ?

A. C. – Chère Amandine, si le but est de fournir des ficelles aux jeunes auteurs, je crains que ma contribution ne soit celle d’un voltigeur sans parachute et sans filets. Je ne peux vous parler que de la mécanique écriture, ce stupide entêtement qui consiste à moissonner des mots. Ayant toujours vécu « au cul du loup », je n’ai pu que rarement bénéficier des rencontres indispensables permettant à un tapuscrit d’être, peut-être, plus attentivement lu. J’ai presque honte de vous dire que j’écris depuis plus de quarante ans. Je me suis sans doute bien mal débrouillé. J’envoyais mes manuscrits, un par un, « au petit bonheur la chance », à de grandes maisons d’édition devenues baleines, mais qui m’étaient sympathiques, pour avoir publié de vieux auteurs que j’aimais. Ce furent des nouveau-nés qui m’éditèrent. Coups de cœur. Réseaux mystérieux. Faillites programmées. Il serait bien trop long de détailler ces maladroites aventures qui avaient au-moins le goût de la passion. Le moins qu’on puisse dire c’est que je n’ai jamais eu le goût des stratégies, ni la moindre idée de ce que signifiait « faire carrière ». D’une oasis à un désert, de babillages enthousiastes au silence, de quelques petits prix littéraires à un isolement contraint et accepté, j’ai poursuivi ma route de mulet.

A. G. – Je crois qu’outre des romans, vous avez aussi écrit pour le théâtre, est-ce là deux façons différentes d’appréhender l’écriture ?

A. C. – J’ai découvert l’écriture théâtrale il y a quatre ou cinq ans. C’était sans doute pour sortir du silence dont je parle plus haut. Enfin je pouvais agiter des personnages dans une sorte de « direct » où la voix, l’échange, l’expression, prennent vie sur les planches. Moins de voix off, le jeu d’acteur, la mise en scène, les éclairages, etc., mettent les mots à nu. C’est une excellente manière de se tirer de sa coquille. On voit dehors, dit par d’autres, ce qu’on pense dedans. L’écrit devient sculpture de chair et de sang. Et comme le metteur en scène et les acteurs s’approprient le texte, vos propres phrases vous échappent, vos personnages prennent vraiment vie et se barrent avec leurs sacs et leurs valises, leurs frusques et leurs masques. Bon débarras !

A. G. – En 2015, vous publiez au Mercure de France Zoé qui reçoit un bel accueil. Cela a-t-il changé quelque chose dans votre métier d’écrivain (la promotion, la reconnaissance, peut-être un stress supplémentaire ?)

A. C. – En ce qui concerne le Mercure de France, ce fut une rencontre calme et feutrée, par mails interposés, suite à l’envoi de mes textes, qui m’a aussi permis de rencontrer des correcteurs d’une rare délicatesse. Tout cela n’a profondément rien changé à ma vie d’écriture. Je ne cours ni après les signatures, ni après les salons littéraires. J’ai toujours préféré, vous l’aurez compris, les arrières cuisines aux salons. La seule chose qui m’ennuie, mais cela ne date pas d’hier, c’est souvent ce malheureux esprit de concurrence qui règne dans tous les milieux. Je suis, qui plus est, un très mauvais représentant de commerce. Ceux qui viennent m’honorent, ceux qui ne viennent pas me font plaisir. Cette formule n’est pas de moi, mais elle caractérise bien le sale état d’esprit dans lequel je me drape.

A. G. – Je crois que vous n’avez pas de problème de page blanche et que les idées fourmillent, n’est-ce pas un peu stressant de perdre du temps d’écriture pour le consacrer en partie à la recherche d’un éditeur ou à la promotion, ou cela fait-il aussi partie du plaisir global ? 

A. C. – Et oui, il est particulièrement stressant d’être en quête d’éditeur. Mais n’est-ce pas là l’effet de toute quête. Alors, ne plus rien chercher, ne plus rien quémander, ne plus être en attente. Se contenter de travailler, pour quelques bouts de ciel, à partager avec les siens, les siens qui sont au fond ceux qui, envers et contre tout, veulent bien de nous.

A. G. – Vous êtes il me semble secondé efficacement par votre compagne Martine, quelle place occupe-t-elle dans votre vie professionnelle ?

A. C. – Rien de professionnel dans ma vie. Martine et moi nous ne sommes que deux amateurs, du verbe « aimer » bien sûr. Deux Quichotte. Il nous manque sans doute le bon sens d’un Sancho. Ceci dit, elle est ma première lectrice et ose, quant à elle, s’aventurer sur les réseaux littéraires, semant mes phrases aux quatre vents.

A. G. – Voulez-vous nous toucher un mot des projets en cours ?

A. C. – Un texte lourd, sur et autour d’un volcan, ailleurs, là où parlent les pierres. L’exil volontaire et difficile d’un homme de vingt-sept ans dans un endroit de bout du monde, un cul de sac noyé entre forêt et montagne, ayant bâti sa cabane à deux mille mètres d’altitude, très au-dessus d’un trou perdu, un hameau, où vivent une vingtaine de personnages tous plus étranges les uns que les autres. Il ne reste là, avec son âne, que par amour pour une jeune femme mariée qui, parfois, la nuit, le rejoint dans sa solitude d’ermite. Présence tutélaire, attentive, le volcan sommeille et devient le confident de cet homme qui attend, de cet homme qui voit, entend, découvre, l’infini et glaciale beauté du Monde.

A. G. – Des conseils aux jeunes auteurs ?

A. C. – Quels conseils puis-je donner ?  Je n’en vois qu’un, ne pas tenir trop compte de ce que d’autres peuvent vous dire. Nous passons nos vies cernés par des profs, des juges, des censeurs. L’imaginaire humain est une galaxie non maitrisable et qui se fout des géomètres-arpenteurs.

Le seul but de l’écriture, c’est la joie. Ce doit être aussi jubilatoire qu’un fou-rire de gosse. Tout lecteur le sait bien qui sent descendre en lui ce je ne sais quoi, inexplicable, allant des yeux au cœur.

Pour celui qui écrit, la forme vient plus tard. Mais il est hors de question d’enfermer un mastodonte dans le corps d’un goujon. Je sais bien que la mode est aux bonsaïs. Tailler, réduire, être plus percutant c’est bien, mais ratiboiser une forêt de chênes pour en faire un jardin de curé, s’empêcher toute forme d’exaltation afin de rester lisible et raisonnable, c’est littéralement assassiner ce qui fait toute la richesse d’un être humain. Je suis pour la sauvegarde d’une espèce en voie d’extinction : les lyriques habités.

A. G. – Que puis-je vous souhaiter pour cette année 2018 à venir ? 

A. C. – Aimer l’autre, avec encore mille nuances. Écrire, à en mourir… (de joie, d’exaltation) comme un qui sent qu’il peut singer l’ombre de l’ombre de quelque chose de parfait.

 

Amandine Glévarec

 

Kroniques.com

La lecture festive

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14 janvier 2018

La vespasienne – Sébastien Rutés – Albin Michel – 217 pages – Janvier 2018

Scan.jpgÀ Paris en 1941, Paul-Jean Lafarge, directeur de La Revue des lettres reste en retrait et passe l’essentiel de ses journées à espionner sa jeune secrétaire, Mlle Colette, par le trou de la serrure de son bureau ou, rentré chez lui, les usagers de la vespasienne qu'il voit de sa fenêtre. Une nuit alors qu'il fait son tour habituel, incognito, il y trouve un pistolet et deux chargeurs.

La vespasienne, c’est le plaisir.

À l’intérieur, l’odeur familière le galvanisait. La peur faisait place à l’excitation. Ici, Lafarge se sentait en sécurité, comme protégé par la puanteur et la crasse.

Bien sûr, il n’ignorait rien de la violence. Les amours interdites y tournaient souvent mal…

« La vespasienne représentait un petit bout de zone libre, plus libre encore que la zone non occupée : sans pétainistes ni gaullistes, la vespasienne n'appartenait ni à Paris ni au présent, elle perpétuait la liberté d'autrefois, les années folles, lorsqu'on n'exigeait pas de choisir, qu'il n'y avait d'engagement qu'esthétique et qu'on ne parlait de pureté et de morale que dans les luxueux salons des maisons closes. »

 

Pour l’heure, Paul-Jean Lafarge se contentait de rêver aux chevilles délicates comme des alexandrins de Mlle Colette, ou à ces mollets auxquels il aurait dédié des blasons s’il avait eu le moindre talent de poète… Et dans les godillots de guerre et de misère, ces pieds qu’il devinait aux dimensions mêmes de sa paume, la peau translucide délicatement veinée de bleu comme de la porcelaine, un peu de corne sous le talon, un peu de noir entre les orteils, les cuticules au coin des ongles sans vernis, la chair et des imperfections, et l’odeur, oh, cette odeur, qui l’enivrait rien qu’à l’imaginer…

 

Un relent du Parfum de David Süskind.

 

Dans ce tableau cruel et drôle du Paris occupé, hanté par les fantômes de Montherlant, Brasillach et Drieu la Rochelle, Sébastien Rutés fait de la vespasienne une allégorie de la débâcle politique et morale d'une époque.

 

Les belles phrases :

« La poésie, c’est mettre la langue en mouvement, c’est refuser les lignes de démarcation entre les mots. »

« Transmettre des étincelles du grand feu de la poésie à ceux qui grelottaient dans l’ombre de l’ignorance. »

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12 janvier 2018

Etienne de Silhouette (1709-1767) Le ministre banni de l’histoire de France – Thierry Maugenest – Éditions La Découverte – 222 pages – Janvier 2018

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Du mot, nous pensions bien évidemment à ce portrait de profil exécuté en suivant l’ombre projetée par un visage, à cette forme qui se profile en noir sur un fond blanc.

Le dictionnaire historique de la langue française, sous la direction de Jean Rey, nous explique que ce nom féminin apparu en 1759 dans l’expression à la silhouette, vient du nom d’Étienne de Silhouette, homme politique (1709-1767). Celui-ci fut impopulaire et chansonné pour ses projets d’économie, lorsqu’il fut ministre des Finances (mars-novembre 1759). On a supposé sans preuve que l’expression évoquait le fait qu’Étienne de Silhouette avait l’habitude de tracer ce genre de profils.

 

Thierry Maugenest nous livre une biographie de ce ministre de Louis XV qui mena une politique novatrice afin de soulager le peuple en taxant la finance et la noblesse, une décision que l'aristocratie ne lui a pas pardonné.

C’est néanmoins en 1759, avec la cabale organisée contre Silhouette, que l’arme du ridicule porte sans doute les coups les plus durs. L’aristocratie fait afficher dans tout Paris des pamphlets qui brocardent celui qui a osé la taxer. Puis ce sont des petits livres satiriques, dirigés contre son ennemi, qu’elle fit distribuer gratuitement dans les rues.

A la même époque, une mode vestimentaire fait fureur.

Des vestes étroites aux lignes épurées se portent sur des pantalons dénués de poches. Ces tenues sont bientôt baptisées par la noblesse des habits « à la Silhouette » car nul ne peut-y glisser sa bourse, puisque, dit-on, le ministre des Finances a pris tout l’agent qui restait. Comme une traînée de poudre qui prend feu, le personnage attise les passions. Des portraits dessinés de profil d’après l’ombre portée sur une feuille blanche par le visage éclairé à la chandelle, très en vogue, reçoivent le nom du contrôleur général des Finances. Cette technique connut un tel succès que tous les foires et bals publics ont leur « découpeur de silhouette ».  Par extension, tout ce qui paraît étriqué, éphémère ou approximatif ne tarde pas à être qualifié d’« à la silhouette ». Chef d’orchestre du mécontentement général, l’aristocratie tient sa revanche. Le patronyme du bouc émissaire devient très vite ridicule.

 

Ce que l’ouvrage fouillé de Thierry Maugenest nous fait découvrir va bien au-delà de ce flou artistique d’une ombre vacillant à la lueur d’une chandelle.

Étienne de Silhouette, c’est ce jeune ambitieux qui fut pétri d’une brillante formation chez les Jésuites. De bonne famille et doté d’un bel esprit curieux de tout, de la Savoie à Venise, il se retrouva à la table des grands d’Europe. Au loin, les trompettes de la renommée ouvraient salons et palais…

Mais, aussi près des princes que des pauvres, il se fit des ennemis à revendre.

Figure oubliée, Étienne de Silhouette fut un des grands hommes du XVIIIe siècle, à la fois voyageur, écrivain et espion.

 

L’agréable écriture de Thierry Maugenest nous fait vite oublier que nous avons un livre d’histoire en main. L’auteur de la fameuse série policière Les Enquêtes de Goldoni nous livre une biographie enlevée qui redonne vie à ce personnage d’exception qu’est Étienne de Silhouette.

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Willy Lefèvre, la fièvre du blogueur de livres - Ecoutez Willy Lefèvre au micro d’Edmond Morrel

"Les Plaisirs de Marc page" , un blog de Willy Lefèvre

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Il s’appelle Willy Lefèvre sur Facebook, mais vous le connaissez peut-être sous le pseudonyme de Marc Page dont il signe les articles de son blog , une identité qu’il a choisie par goût du jeu de mot mais aussi pour signifier sa passion : les livres ! Il les dévore comme le rat de bibliothèque dont la photographie illustre le blog, il ne s’en rassasie jamais. C’est un lecteur qui fonctionne au coup de coeur : si un livre l’a séduit, il peut en vanter les qualités à longueur de publications sur son facebook. Il a l’art de mettre en scène les couvertures des livres qu’il photographie dans les lieux qui peuvent l’évoquer : ainsi une boulangerie pour son roman fétiche ("Zoé" de Alain Cadéo), la plage de la Mer du Nord (pour "L’année dernière à Saint-Idesbald" de Jean Jauniaux, ou un restaurant corse de Bruxelles pour "La femme qui ne voulait plus faire l’amour" de Pierre Kutzner) ).

Nous l’avons rencontré chez lui, à Bruxelles. Les murs de son appartement sont tapissés de livres, lus, relus, à lire... J’aurais dû le mettre en garde contre l’invasion des livres en lui suggérant la lecture de "L’amateur d’escargots" une nouvelle de Patricia Highsmith. Mais je suis sûr que dès la fin de la lecture de ces quelques lignes, Willy Lefèvre va se précipiter dans une librairie et dévorer ce recueil qui rejoindra le mur "auteurs anglo-saxons".... Ecoutons ce diable d’homme-livre nous raconter les aléas qui l’ont conduit à cette passion dévorante qu’il partage avec autant de bonheur que d’enthousiasme avec ses visiteurs, réels ou virtuels...

Edmond Morrel le 18 août 2015

Ecoutez Willy Lefevre au micro d Edmond Morrel (36.8 Mo)

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Pour découvrir "Un nouveau livre dans la bibliothèque du rat "

 

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Invitation aux Roulades Littéraires Corsées avec Robert Nahum & Marc Meganck - 25 Janvier 2018

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2017 ne s'est pas encore achevée, que nous venons déjà vous proposer la première Roulade de 2018.

Cette vingt-deuxième Roulade aura lieu le jeudi 25 janvier 2018 et ce seront Robert Nahum et Marc Meganck qui viendront s'asseoir, le temps d'un soir, sur les tabourets des Roulades.

Robert Nahum est le fondateur-directeur des Editions 180°.

Cette maison d'édition belge possède dans son catalogue aussi bien de beaux documentaires consacrés à Bruxelles au travers de son patrimoine, que des polars ou des recueils de nouvelles.

Marc Meganck, licencié en histoire médiévale, a publié plusieurs ouvrages aux Editions 180°. Des polars, des ouvrages sur le Bruxelles disparu, un recueil de micro-nouvelles,...

Le temps d'une soirée, nous parcourons en leur compagnie leur tracé au cœur de la littérature, l'un en temps qu'éditeur, l'autre en temps qu'auteur. Nous verrons également le regard qu'ils ont sur l'activité de l'autre, sur le monde de l'édition, sur la création littéraire et sur bien d'autres sujets littéraires

Réservation indispensable

Pour vous y participer, envoyez un mail : lesroulades@gmail.com

Au plaisir de vous y voir

Le Tandem des Roulades Littéraires Corsées

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Bande annonce

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05 janvier 2018

La solitude des étoiles – Martine Rouhart – Murmure des soirs éditions – 223 pages – Octobre 2017

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Pour Suzanne (68 ans) sa fille Camille est une énigme, transparente derrière un miroir sans tain.

Camille, veuve de Bruno qui la laissa désargentée, deviendra aide-vétérinaire.

C’est une femme plus fermée qu’une huître, qui se fond dans la lumière. Un vrai bloc de passivité…

Jeune fille, elle a fui David, le copain trouillard qui l’a sacrifiée sur l’hôtel de la couardise !

Vraiment la vie passe à côté d’elle.

Camille reste passivement branchée sur un mode de vie du genre « quête incessante » mais qui ne mène nulle part.

 

En dépression depuis des mois, elle se retire dans une maison isolée au fond des Ardennes.

Et toujours une chaîne d’irrésolutions. De ronds dans l’eau.

Des heures de cogitation sans parvenir à décider quoi que ce soit…

 

Cet après-midi-là, un coup à la porte, une clenche qui s’abaisse, et un homme pousse grand la porte !

 

Dehors les trouées du ciel se sont rejointes en un vide profond qui a absorbé toute grisaille. Alors qu’un drame est peut-être en train de se jouer, que les dés sont déjà jetés, l’indifférence d’un ciel totalement bleu.

C’est ainsi que va le monde, partout et à tout instant, le malheur et la mort creusent des galeries dans les insouciances.

 

Un pilleur de tranquillité.

L’homme s’installe, prend son temps et la solitude de Camille. Rien en échange…

Pas difficile de deviner dans son âme quelque chose de nuageux.

 

Nous entrons dans le récit, comme dans un paysage, ou comme certains qui se laissent aspirer au cœur des peintures, nous baignons dans une autre dimension.

Parfois, entre deux solitudes égarées, une passerelle fugitive est lancée, un sourire, des yeux qui s’accrochent, un fil fragile qui se brise dans l’instant…

 

L’écriture de Martine Rouhart est une suite de petits billets, accumulés, défroissés, assemblés…

Que parfois un souffle emporte pour mieux se rejoindre et jalonner le récit du lecteur…

 

Oublions Andromède, laissons Reeves voyager dans la Voie lactée, et Duras à sa solitude.

La postface, inutile, grève le récit. Le lecteur est privé de son rêve et le confine dans une immense frustration. Une autre clé de lecture lui est imposée.

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PORTES ET LIVRES OUVERTS - LES ROULADES LITTÉRAIRES CORSÉES - Une chronique de MICHEL TORREKENS dans LE CARNET & LES INSTANTS n° 197 Janv. 2018

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De nombreux lieux présentent, font vivre et découvrir, l’œuvre d’auteurs belges. Des lieux essentiels puisqu’ils permettent de mettre un visage sur un nom et d’entendre l’écrivain s’exprimer en direct sur son travail. Pour ce numéro, nous avons eu le plaisir d’assister à l’une des soirées des Roulades littéraires corsées (RLC).

Oui, vous avez bien lu  : des Roulades littéraires corsées. Un intitulé qui intrigue, né de l’imagination de celui qui les anime avec ferveur et enthousiasme  : François-Xavier Van Caulaert, qui se souvient avec émotion de l’époque où ce concept a vu le jour : « Les Roulades littéraires corsées sont nées en deux temps. En août 2015, Willy Lefèvre, Jean Jauniaux et Pierre Kutzner déjeunent ensemble et discutent littérature, écrivains ; en se quittant, ils se disent que ce serait chouette de dîner, une fois par mois, entre écrivains et passionné.e.s de littérature. Cela serait une occasion pour discuter de thèmes qui leur sont chers et de découvrir de nouveaux ouvrages. Très vite, Willy évoque avec moi ce projet qu’il va mettre en place avec ces deux personnes. Puis, pour diverses raisons, le projet ne semble pas aboutir. Dès lors, nous évoquons la possibilité de lancer le projet à deux. Un soir, je trouve le nom et le propose à Willy Lefèvre. » Les Roulades littéraires corsées – les habitués parlent désormais des Roulades – étaient nées et la première eut lieu le mardi 17 novembre 2015, avec le romancier Martin Ryelandt pour les inaugurer.

 

UN COIN DE CORSE

Pour tenir ces rencontres (mais pourquoi des roulades  ? Nous laisserons le mystère planer…), ils élisent un lieu qui jouxte l’hôtel communal d’Ixelles, place Fernand Cocq, un lieu cosmopolite à l’image de la capitale, qui propose des spécialités corses et provençales. Un lieu intime aux saveurs authentiques qui porte bien son nom : L’Îlot corse1 . Comme une signature, la silhouette de l’île de beauté est dessinée sur un mur et reprend quelques grands crus locaux  : ceux des domaines Petra Bianca, Comte Peraldi, Terraccia, Cordoliani, Gentile, etc. L’endroit se veut convivial et les Roulades littéraires corsées limitent leur public à trente personnes maximum, ce qui permet échanges et rencontres après l’interview. Ces soirées n’auraient probablement pas vu le jour sans la complicité de Willy Lefèvre dont François-Xavier Van Caulaert souligne le rôle essentiel. «  Willy est la roue avant ou la roue arrière du tandem que nous formons, confie-t-il. Les Roulades se construisent tout au long de nos passionnantes discussions. C’est un partage permanent entre nous. Nous nous faisons découvrir mutuellement des personnes, des lieux, des livres, des éditeurs de tous horizons. Puis, de manière très pratique, il prend en main la création des visuels liés à la promotion. Il se charge aussi de récolter des traces des Roulades : photos, prises de vue et montages vidéo de certaines rencontres. Il lui est également arrivé de mener certains entretiens comme celui en compagnie d’Alain Cadéo. »  Ancien libraire, Willy Lefèvre fait désormais partie de cette communauté de plus en plus large de blogueurs qui partagent leur PAL (pile à lire, selon leur jargon) sur le Net. C’est par ce biais que les RLC se font connaître, que ce soit sur le blog « Les plaisirs de Marc Page2 » ou sur diverses plateformes comme « La bibliothèque du rat ».

 

UN PEU DE TOUT

Un des mérites de ces soirées est de faire la place belle à l’édition belge et notamment à ses audacieux découvreurs de talents qui doivent également ferrailler pour exister sur le marché du livre. Auteurs belges, éditeurs, comme Xavier Vanvaerenbergh des éditions Ker ou Nicolas Chieusse pour Éléments de langage, critiques littéraires, le linguiste Michel Francard, etc., la programmation des RLC se veut éclectique. « Dès le départ, explique François-Xavier Van Caulaert, notre volonté commune à Willy et à moi a été de créer des moments de rencontres, de découvertes et de partage autour du livre de manière globale. Il y avait l’envie de faire découvrir ou redécouvrir des personnes ayant un parcours de vie lié au livre par leur métier et/ou leur passion. Dès lors, c’était une évidence de ne pas seulement limiter les Roulades à des écrivains, ce qui est trop souvent le cas dans les rencontres programmées en librairies. Ouvrir permet de diversifier, d’offrir le plus de découvertes possibles par rapport au monde du livre. Les livres n’existent pas seulement grâce aux auteurs. Il faut également des éditeurs, des libraires, des chroniqueurs… » Installés sur deux (ou trois) hauts tabourets, les bretteurs du soir échangent sur la vie littéraire en Belgique, sur l’élaboration d’une œuvre, sur les heurts et bonheurs d’une discipline comme l’écriture, sur la lecture qui est le point de jonction des invités et du public, sur les réalités souvent méconnues de l’édition, etc. Mais, au-delà de la lecture des ouvrages qui constituent la base de ces rencontres, comment celles-ci se pré- parent-elles ? « Chaque Roulade est différente, explique François-Xavier Van Caulaert, ne fût-ce que par la personnalité qui y est accueillie. Je dirais qu’il n’y a pas vraiment une méthode de préparation unique. Pour certaines Roulades, notamment celles consacrées aux éditeurs, je suis allé rencontrer ceux-ci auparavant, afin de discuter de leur métier, de leur parcours, de leur vision du secteur. Pour les écrivains, je me plonge dans tout ou partie de leur bibliographie. En revanche, pour chaque Roulade, mon côté documentaliste ressort. En effet, je prends chaque fois le temps, et un plaisir certain, à fouiller Internet pour trouver des informations sur les invités. Je lis des articles, je regarde des vidéos d’entretiens quand il en existe. Je m’imprègne du parcours de l’invité et de son œuvre lorsque c’est un écrivain. Cela me permet de ne rédiger que peu de questions à l’avance, car je tiens à laisser une place importante à la spontanéité. Rebondir sur ce que la personne face à moi raconte, ne pas coincer l’entretien dans des questions trop préparées. » François-Xavier Van Caulaert est par ailleurs bibliothécaire à Watermael-Boitsfort, ceci expliquant peut-être cela  : «  Je pense que ce que je suis, les passions qui m’animent m’ont poussé à vouloir œuvrer dans le monde du livre. Après, je dirais qu’il y a la curiosité de découvrir des livres, des auteurs, des éditeurs, mais surtout la passion du partage. Être un passeur de quelque chose, et cela en toute humilité. Et toutes ces valeurs, ces sentiments et ces actions rejoignent ce qui anime le bibliothécaire que je suis. »

 

UN SOIR AVEC ANNE-MICHÈLE HAMESSE ET… SA VOISINE

Ce soir-là, jour de la fête de la Fédération Wallonie-Bruxelles, se tenait la dix-huitième RLC, en démarrage de la troisième saison. L’invitée était Anne-Michèle Hamesse, notamment pour son dernier recueil de nouvelles, Ma voisine a hurlé toute la nuit, publié aux éditions du Cactus Inébranlable, animées par Jean-Philippe Querton. « Un éditeur sympathique, rebelle et impertinent, dixit Anne-Michèle Hamesse3, qui me laisse totalement libre.  » Rencontrer Anne-Michèle Hamesse, c’est l’occasion de rencontrer une auteure qui, parallèlement à ses nouvelles, a signé plusieurs romans : Natale, Le jeune homme de Calais, Bella disparue, Le voleur, Villa Théodore, aux éditions Luce Wilquin, et plus récemment Les années Victoire, chez Novelas Éditions. Sont également parus les deux tomes de L’Italie de Florence, aux éditions francophones belges, choisis par les lectrices de la revue Gaël comme le roman de l’été 1995. C’est aussi la découverte d’une passionnée de théâtre, dont elle est une chroniqueuse régulière pour les revues Le Non-Dit et La Revue Générale. Quel ne fut d’ailleurs pas son bonheur de voir son roman Bella disparue, adapté et mis en scène par Jack Levi pour la compagnie Côté Village. C’est enfin quelqu’un qui s’est mis au service de la littérature en acceptant d’assumer les responsabilités de présidente de l’Association des écrivains belges (AEB)4. Signalons au passage que cette association, sise dans le prestigieux musée Camille Lemonnier qui fleure bon le xixe  siècle, avec une reconstitution du cabinet de l’auteur d’Un Mâle ou Happe-Chair, propose également ses Soirées des lettres mensuelles, qui sont l’occasion de découvrir un trio d’auteurs ayant publié récemment, mais aussi une série d’entretiens menés par Michel Joiret sur la littérature de Belgique. À ce propos, et après deux saisons complètes de RLC, son animateur a-t-il pu dégager une certaine vision de ce qu’est la littérature belge contemporaine ? «  Oui, j’ai continué de nourrir et d’enrichir ma connaissance de la littérature belge contemporaine et du milieu du livre belge. C’est sa richesse et sa diversité qui nous avaient donné envie, notamment, de lancer les Roulades. Après deux années et plus de vingt soirées, j’ai encore pu faire de nouvelles rencontres, de nouvelles découvertes. C’est une littérature en constante évolution, qui voit naître de nouveaux talents chaque année, et au cœur de laquelle des écrivains continuent de tracer leur sillon, bâtissant ainsi une œuvre. Tout cela est très réjouissant et je pense qu’il faut continuer de porter cette littérature, de la partager, de la rendre contagieuse, et cela au travers d’articles dans des revues et des soirées », conclut François-Xavier Van Caulaert.

 

L’ADN des Roulades littéraires corsées en quatre mots, selon leur animateur : – Liberté. Les Roulades ont une liberté totale dans leurs choix, car nous sommes totalement indépendants. Nous ne devons pas nous soucier de remplir des critères bien précis en vue de l’obtention de subsides ou de statuts. En clair, nous pouvons recevoir qui nous le souhaitons si, à nos yeux, cela peut constituer une soirée passionnante et de qualité.  – Curiosité et passion. Ce sont deux mots qui nous guident dans nos découvertes et dans notre sélection d’intervenants. Nous sommes deux immenses curieux guidés par la passion. Nous avons donc à cœur de faire découvrir des personnes, leur parcours et leur créativité.  – Convivialité. Les Roulades sont des rencontres portées par une convivialité certaine, due notamment au fait que nous limitons le nombre de participants, mais que ceux-ci tissent des liens entre eux. On tenait à ce que les Roulades soient un lieu de rencontres entre l’intervenant et les participants, mais également entre les participants.

 

1 Rue du Collège, 22 à 1050 Bruxelles.

2 http://lesplaisirsdemarcpage.skynetblogs.be

www.amhamesse.be

AEB/Musée Camille Lemonnier : chaussée de Wavre, 150 à 1050 Bruxelles www.ecrivainsbelges.be Visite chaque jeudi, entre 14 h et 16 h 30 ou sur rendez-vous pris sur a.e.b.@skynet.be

 

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04 janvier 2018

Histoire, Forme et Sens en Littérature - La Belgique francophone - Tome 2 - L'ébranlement (1914-1944)

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Dans le premier ouvrage intitulé « Histoire, forme et sens en littérature : la Belgique francophone Volume 1, L'engendrement  (1815-1914)  L'auteur mettait en relation la fin de la révolution de 1830, qui voyait la naissance d'une Belgique moderne, et l'apparition d'une littérature francophone belge singulière, en rapport avec le contexte historique, et qui se distinguait de la littérature française.

(Lire présentation en fin de chronique)

 

 

Dans ce Volume 2, L'ébranlement (1914-1944) 

L’auteur nous livre une étude de l'impact des événements historiques de l'époque (l'invasion allemande d'août 1914, la résistance imprévue de l'armée belge, le sentiment antiallemand, l'adoption du suffrage universel pour les hommes) sur les grands auteurs de l'époque léopoldienne. Passe en revue l'affirmation du fantastique réel chez des auteurs comme F. Hellens ou C. Thiry ou les innovations langagières de H. Michaux.

 

L'invasion allemande d'août 1914 suscite en Belgique un véritable sentiment patriotique qui se manifeste par la résistance imprévue de l'armée belge. À Noël 1914, les troupes impériales sont enlisées dans les plaines de la rive droite de l'Yser.

Le viol de la neutralité belge comme les violences de la soldatesque déchaînent un sentiment antiallemand qui anéantit du jour au lendemain l'admiration vouée jadis par les Belges à l'Allemagne. Ce rejet concerne dès lors tout ce qui touche à la culture germanique. Or, l'adoption du suffrage universel pour les hommes au sortir du conflit met progressivement fin à la « Belgique française ».

Ce deuxième tome de la série Histoire, Forme et Sens en Littérature : La Belgique francophone aborde I' impact de ces événements sur les grands auteurs de l'époque léopoldienne. Ensuite, il s'attache, à travers la nouvelle génération d'écrivains, à l'affirmation du fantastique réel chez un Hellens ou un Thiry, ainsi qu'aux novations langagières et formelles des Michaux, Nougé, Plisnier ou Crommelynck. Il dialectise ces esthétiques souvent remarquables avec l'hypostase de plus en plus exacerbée de la langue française et de la France, portée à son acmé par le Manifeste du lundi. Il rend également compte de la mise en place d une historiographie littéraire bien plus complexe que les simplifications du Manifeste.

Portée par les fourgons de la défaite de mai 1940, la reviviscence du mythique chez Maeterlinck, Ghelderode, Hergé ou Nothomb surgit comme une réponse très belge à la faillite du réel. Les contrepoints de Victor Serge à l'égard des deux conflits mondiaux le confirment à leur manière.

  

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« Histoire, forme et sens en littérature : la Belgique francophone

Volume 1, L'engendrement  (1815-1914)

9782875742766,0-2770075.jpgLa Belgique ? Une entité pas comme les autres en Europe. La révolution de 1830 accouche d’un pays moderne. Il ne correspond pas à l’équation Langue/État/Nation.
De cette particularité surgit, en un demi-siècle seulement, la première littérature francophone consciente d’elle-même et porteuse de chefs-d’œuvre dans lesquels s’inventent des Formes issues de cette Histoire singulière.
Cette jeune littérature, qui émerge dès les années suivant la bataille de Waterloo et le Congrès de Vienne, se révèle très vite d’une grande richesse.
Dans ce premier tome d’une série de cinq, on comprendra combien les textes littéraires belges du XIXe siècle se démarquent subtilement ou ouvertement des modèles français : transgénérique et carnavalesque chez De Coster, mais aussi première fiction coloniale chez Nirep ; hantise du pictural chez Verhaeren ; questionnement de la langue chez Maeterlinck ; persistance du mythe nordique dans le dernier Eekhoud, dix ans après l’armistice de 1918 ; recours à la science-fiction chez Rosny.
Les mythes, les hantises, les singularités de cette littérature trament une cohérence que ce livre restitue ; une plongée nouvelle dans l’Histoire et l’historiographie littéraire, au-delà de l’approche canonique traditionnelle

 

Marc Quaghebeur dirige les Archives et Musée de la Littérature à Bruxelles. Il préside l'Association européenne des Études francophones. Centrées sur l'articulation entre Histoire et esthétique, ses recherches, après s'être attachées notamment à Arthur Rimbaud, se sont concentrées sur les littératures francophones, de Belgique et d'ailleurs.

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01 janvier 2018

Où qu'elles soient, nos vies sont faites de détails. Le billet du 1er janvier d'Alain Cadéo

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31 décembre 2017

Le prophète du néant - CeeJay - Jean-Claude Crommelynck - maelstrÖm éditions - 2017

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Le plaisir de la découverte vient toujours par surprise quand vous ne l’attendez pas.

Comme le chasseur d’images marchant depuis des heures, traquant la scène qu’il immortalisera, tel Inoué, le personnage d’Hitonari Tsuji, inlassablement cette quête ne nous quitte pas.

 

« Comme un loup obstiné

Qui rôde toutes les nuits

J’avance sur la vie

Sans relâche à l’affût

C’est une raison d’être. »  (L’affût perpétuel de CeeJay)

 

Plus qu’un recueil, l’ouvrage de CeeJay intitulé « Le prophète du néant » est une passerelle entre les religions, entre les philosophies, une félicité de l’âme et du corps réunis…

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29 décembre 2017

Petits tableaux pour se risquer plus loin que la couleur - Claude Miseur - Les Chants de Jane - Décembre 2017

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Quand le mot se vêt de la parure des étoiles,
l'arbre fait silence.
Seule la plume rythme la cadence.
Crisse la feuille,
Furète le sujet,
Le verbe ancre la pensée du poète.

Willy Lefèvre

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21 décembre 2017

FISTERRA BLUES - Carnet d'initiation d'un chemineau de Compostelle - Michel Cliquet - Academia Littératures - Septembre 2017

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"Si tu fermes la main, le monde te restera fermé comme un poing.

Si tu veux que le monde s'ouvre à toi, ouvre d'abord la main". (Michel Cliquet)

 

Ouvrons cette chronique de voyageur singulier, avec son bourdon, sa besace et son chapeau à large bord. Laissons-nous porter au jour le jour dans le silence des routes caillouteuses, au fil des longues étapes souvent éprouvantes qui débutaient dans le froid du petit matin. Laissons-nous imprégner de toutes les sensations physiques éprouvées qu'il décrit si bien. Partageons ses moments lumineux avec les hôtes de passage, ses efforts soutenus tout au long d'un itinéraire rythmé par les tampons de la crédenciale.

« La grande leçon de ce chemin a été de m'inculquer la capacité de lâcher prise, nous confie l'auteur. Lâcher prise signifie ne plus retenir ce qui tente de me fuir, ne plus être enchaîné à rien ni à personne, afin de pouvoir offrir en cadeau aux choses, aux événements, aux êtres aimés, une liberté totale : aimer c'est offrir sans réserve la liberté d'être. » La voie de Compostelle lui a permis d'entrer dans ce détachement total, d'en prendre conscience et d'illuminer à jamais les jours à venir.

 

Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle est relaté sous forme de chronique. L'auteur décrit ses sensations physiques, les moments de détente et de rencontre, mais également sa capacité à atteindre un détachement total. 

 

Ce dont il ne se douta pas, c'est ce que son passage a laissé au sein de la nature.

Chaque sentier crisse encore sous ses pas,

Chaque arbre délaissant la lumière s'est retourné sur le voyageur solitaire.

Les animaux, le temps d'un saisissement passé, se sont regardés.

Une silhouette disparaissait à l'horizon.

 

"La Nature, à chaque instant, s'occupe de votre bien-être. Elle n'a pas d'autre fin. Ne lui résistez pas" psalmodiait le marcheur. Henry David l'accompagnait dans ses pensées, la nature lui déroulait la voie de la félicité.

 

Michel Cliquet est né à Bruxelles en 1947. Après des études d'architecture, il devient consultant en informatique, et enseigne les mathématiques. En 1992, il, fonde les éditions de l'Acanthe, qu'il dirige jusqu'en 2006. Aujourd'hui psychologue et coach en développement personnel, auteur de nombreux recueils de poésie, il est également sculpteur et photographe.

 

 

 

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18 décembre 2017

CHAMAN - Maxence FERMINE - Michel Lafon - 220 pages - Novembre 2017

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Tout le malheur de l'homme blanc provient du fait qu'il s'est coupé de la nature et de ses forces.

Dans l'enfer des villes, il n'y a plus de contact possible avec le vivant. Pour pouvoir communiquer avec ce qui nous entoure, il faut d'abord apprendre à lire et comprendre la nature. La puissance du vent, l'arrivée de la pluie, le langage des plantes, les empreintes des animaux.

Tout cela est écrit dans le grand livre de la nature.

Il suffit de savoir l'interpréter.

 

C'est ce que fait l'Indien, et plus encore le chaman.

Maxence Fermine.

 

 

Dans la meute, j'ai ma vie

Dans la nature, je survis

Dans ma tanière, je me réfugie

Loup, je suis. 

                                  Anonyme

 

Maxence Fermine, l'auteur des best-sellers Neige, Le violon noir, L'apiculteur, Le labyrinthe du temps, etc... construit une oeuvre singulière alliant poésie et fiction. Après nous avoir révélé les Mystères de l'art de la calligraphie dans Zen, il nous offre un bouleversant récit sur la quête des origines.

L'auteur nous livre une nouvelle fois une perception lucide du monde et de l'humain, une force d'esprit et un grand coeur.

 

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14 décembre 2017

MarivolE - l'éditeur qui monte !

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Livre après livre, l'éditeur marque le pas.

Une sélection d'auteurs qui assure une ligne d'édition qui ne pourra que séduire les lecteurs et lectrices !

De belles plumes qui ne peuvent que voler dans les cieux de la littérature !

 

 

9782365754125_C-187x300.jpgL’exode ? Pour Lucien, pas de quoi abandonner la belle moisson qui s’annonce. A Verdun, en 14, il en a vu d’autres. Et puis, maintenant, la France possède sa ligne Maginot… Pourtant, un matin, c’est la panique. Le voilà contraint de partir avec sa petite famille. Objectif : la Loire, il faut franchir la Loire…

« Monsieur, monsieur… vous êtes cultivateur ? demanda-t-elle avec un fort accent du Nord.

— Oui… ça se voit pas ?

— Est-ce que vous auriez du lait ? »

Et, comme elle s’attendait sans doute à un refus, elle ajouta :

« On a de l’argent. On vous paiera le prix. C’est pour les enfants. On n’a plus rien à leur donner. »

Lucien était perplexe. Quelque chose le dérangeait dans ce spectacle de misère…

 

Roger Judenne a été instituteur et directeur d’école. Il a grandi dans un village, au contact des vastes espaces de la plaine de Beauce, du temps où les fermes correspondaient à ce que notre imagination appelle une ferme, c’est-à-dire un grand nombre des gens simples travaillant de leurs mains et une profusion de chevaux et de bétail. Enfance sans contraintes, très près de la nature… c’est assurément pour cette raison que la terre tient une place importante dans ses histoires et que nombre de ses personnages expriment ce besoin de solidarité, d’entraide et de malice qui sont autant de qualités caractérisant à ses yeux le petit peuple des campagnes d’autrefois.

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9782365754064_C-187x300.jpgCe nouveau roman de Jean-Baptiste Renondin tient du voyage initiatique. Voyage d’un jeune étudiant français dans les années 1950, un peu comme celui de Bardamu, entre les deux guerres, du Voyage au bout de la nuit de Céline.

Baptiste aime la marche, le nez au vent, le rêve en tête. Il aime la nature, qu’il imagine plus qu’il ne la regarde, et les filles qu’il idéalise.

Il décide de partir à la découverte de lieux, de pays inconnus, à la recherche de rencontres surprenantes et inattendues. Sortant de son Limousin natal, empli de naïveté, il va découvrir la haine, l’amitié, les femmes, l’amour, le racisme, un monde nouveau, loin de ses repères habituels : les Etats-Unis.

Un voyage initiatique, donc, qui va le ravir mais aussi et surtout le métamorphoser.

Il y a un peu de Jean-Baptiste dans ce… Baptiste !

 

 

Jean-Baptiste RENONDIN, Limousin d’origine, réside à Muides-sur-Loire après avoir longtemps habité Blois et participé activement à la vie du Val de Loire. Ingénieur reconnu puis chef d’entreprise audacieux, il a toujours été passionné par la littérature et c’est donc tout naturellement qu’il s’est adonné au plaisir de l’écriture lorsqu’il en eut le loisir.

Après Les Galons perdusVillevarlanges, il nous offre Baptiste, toujours aux éditions CPE-Marivole.

 

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Le monde de La Braconne s’en est allé avec l’oncle Arthur ; le petit Jean de naguère quitte l’enfance pour l’adolescence aventureuse des premières amours et des amitiés perdues, dans un village en ébullition.

Quand arrive l’heure du lycée, Jean prend pension chez une logeuse… Un autre monde, celui de la ville, celui des profs et des filles des cours. (Examens de passage paru en mai 2017)

Etudiant discret et promeneur curieux des rues de la cité, il mène une double vie dans les bras de cette logeuse restée veuve trop vite et trop longtemps.

Le monde des adultes, ses petits bonheurs et ses déconvenues, s’ouvre pour lui.

 

 

 

Ce dernier ouvrage marque la fin du triptyque que Jean-Claude Ponçon a écrit sur l’enfance et l’adolescence : La Braconne, Examens de passage, et maintenant ce Petit Meaulnes qui s’aventure vers sa vie d’adulte.

Un vingt-cinquième livre comme seul Ponçon sait en faire, à la fois chronique villageoise et citadine et analyse de l’adolescence, savant mélange d’ironie, de sensualité et de fraîcheur.

Un livre qui change du tout-venant de la littérature campagnarde ou de la littérature plus ou moins érotique dont on nous abreuve si souvent.

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Le point de départ de ce roman repose sur une curiosité historique. Lorsque les Allemands, pendant la guerre de 1870, ont envahi partiellement la France, leur comportement dans les petites villes et les villages a souvent été odieux. Les villages furent dévastés ou pillés, les habitants violentés, etc. Cependant, un petit village a échappé à ce traitement : Souvigny, en Sologne, à l’époque administré par un maire célèbre, Eugène Labiche, dramaturge à succès et auteur de théâtre de boulevard fort connu.

Cet homme, nommé et non élu, est parvenu à monter un stratagème qui a mis son village à l’abri des exactions. Le récit le fait revivre entouré de ses amis, célèbres ou inconnus, et imagine un projet des services secrets mettant à profit les derniers progrès scientifiques pour vaincre les Allemands.

 

 

 

Physicien de formation et écrivain vulgarisateur pendant une longue période, Chérif ZANANIRI s’est intéressé aux terroirs sancerrois et solognot et y a planté les décors de ses romans, souvent liés à des éléments d’histoire : les guerres de Religion, celles de 1870, de 14-18 ou de 39-45. Ainsi, après Pisseur au vent et Léocadie Lepic, marraine de guerre, et bien d’autres romans de terroir comme Le Galoupiot, il présente une énigme historique dont les fondements restent mystérieux, au dire du maire actuel du village ainsi que des descendants de M. Eugène Labiche.

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9782365754149_C-1-187x300.jpgTout le pays est en effervescence. Le roi, le grand Louis XIV, vient à Chambord  goûter le divertissement de la chasse. La cour et l’arrière-cour se pressent. Grands seigneurs, belles dames, gentilshommes de moindre relief sont là. Colbert, l’omnipotent ministre du roi, celui qui fait tant d’ombre autour de lui et suscite tant de haines, y est lui-même attendu.

Molière aussi est du voyage. Avec sa troupe, il doit créer sa nouvelle pièce, Le Bourgeois gentilhomme. Le roi aime Molière, qui sait si bien le faire rire et dire les choses qu’un roi ne saurait dire.

Mais si Colbert a ses ennemis, Molière a les siens, non moins acharnés. Ceux-là voient dans ses pièces d’intolérables attaques contre les bonnes mœurs, la religion, les privilèges de toutes sortes.

Mettre à profit le séjour à Chambord pour abattre l’un et l’autre, le ministre trop puissant, l’auteur tellement impertinent, voilà le dessein machiavélique qui se  trame dans l’ombre. Pour le mener à bien, les conjurés ne reculent devant rien. Leur chemin est semé de meurtres et de terrifiantes manipulations. Ils sont infiltrés jusqu’au cœur du pouvoir royal, jusque dans l’intimité du monarque.

Leur plan est d’une habileté et d’une efficacité redoutables. Ils ont pensé à tout, tout calculé. En effet, il semble bien qu’ils aient tout prévu… sauf le minuscule grain de sable qui vient si souvent enrayer les machinations les plus hardies, les plus diaboliques : l’amour.

 

Dominique Labarrière est écrivain, journaliste indépendant et conférencier. Philosophe de formation, historien par passion, il est l’auteur de nombreux articles et ouvrages de fond portant sur des faits majeurs de l’histoire ou de grandes affaires politico-judiciaires. Il est également auteur de romans

 

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13 décembre 2017

Le Carré des Allemands - Jacques Richard - ONLIT Editions - 160 pages - Novembre 2017

 

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Une interrogation…

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Les interrogations… d’une vie.

De l'enfant, de l’adolescent, de l’homme qui cherche dans les abysses d’un puits d’encre, l’illusoire flamme de l’absent.

Écho de guerre…


La guerre, sa guerre. La guerre de l’absent. Dans un monde devenu obscur il a pénétré, s’est engagé sur la face noire… Là tout est possible. Tout peut se faire. Et ce qu’il a vu faire, ce qu’il a laissé faire…


Ce qu’il a fait. Je ne sais pas.


-Et lui ?


-Lui, il a commencé à fuir. Ou plutôt, il a continué à être parti.


Une solitude tiède, légèrement malveillante, où fermente, avec un sentiment de culpabilité vague, la conscience d’un état, d’une position dont on ne peut rien partager. Chacun son enfer.


Derrière le voile, les ombres géantes, rougeoyantes des enfers illuminent un récit porté par une plume assurée. On imagine le pire parce qu’il s’agit de le dire, de l’écrire.


Et une fois qu’on a commencé, les mots débordent qui n’osaient pas sortir. Écrire ça, c’est d’abord chercher le garde-fou qui nous protège du gouffre que nous avons ouvert sous nos pas, nous mettre à distance « raisonnable » de ce qu’il faut regarder.


Et de la frénésie inconnue qui nous emporte. On imagine le pire parce qu’on sait que c’était pire que ce qu’on imagine. Et dérisoire. Et qu’il s’est agi de le faire.

 

Jacques Richard se glisse derrière le voile de l’Histoire, de son Histoire ?

Les interrogations, l’INTERROGATION…d’une vie.

Une main glisse sur la page immaculée. Jacques Richard est armé d’une rare richesse littéraire.


Un chat, la patte posée sur son trophée, son regard me dit : vois, il y a la mort…


Nous, nous vivons ? …


Un roman magistral !

 

Né à Bruxelles en 1951, de père français et de mère flamande, Jacques Richard a passé son enfance en Algérie. Il est devenu peintre après avoir fait en Belgique des études de musique et de peinture. Il a publié deux recueils de nouvelles et deux récits, dont Petit Traître, finaliste du Prix Rossel 2012 et Prix Franz de Wever de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.

 

L'échange entre un fils, maintenant âgé de 60 ans, et son père engagé dans la Seconde Guerre mondiale, révèle un secret de famille.

Le Carré des Allemands est son premier roman.

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Jacques Richard  &  Willy Lefèvre

 

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ONLIT Editions est une maison d'édition belge.

ONLIT Editions se consacre à explorer et diffuser la création littéraire contemporaine.

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Jacques Richard nous lit un extrait du Carré des Allemands

 

 

10:22 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1)

10 décembre 2017

Prisme Éditions Passion About Books... Bruxelles - Belgique

prisme-editions-new-catalogue-prisme-editions-pages-de-prisme-editions---catalogue-2017.jpgPRISME ÉDITIONS, fondée en 1995  par Liliane Knopes, a pour but de promouvoir les œuvres de qualité dans tous les domaines artistiques.

Au delà de l’envie de communiquer notre passion, de faire connaître des architectes, des artistes de grand talent, nous développons aussi des travaux de recherche dans tous les domaines: architecture, urbanisme, photographie, art...  ainsi que l'organisation d'expositions et la réalisation de beaux livres, de catalogues...

Grâce à une équipe performante nous gérons votre projet depuis la conception jusqu'à sa réalisation finale.

Liliane KNOPES - Éditrice

 

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Triptyques Poétiques

Nicolas Le Brun

Un voyage onirique à travers dix-neuf triptyques. Ou comment un poète choisit de mettre en vis-à-vis deux œuvres, l’une d’un maître intemporel du XVIe au XXesiècle, européen, et l’autre d’un artiste émergent, reconnu, du monde d’aujourd’hui. Entre Klimt et Custodio, plusieurs femmes, pourtant si proches ? Amour et combat, ombre sur lumière, baiser mais poing, portrait ou cage, une quête de sens au verbe intertextuel riche, au style multiple, s’offre ainsi au lecteur curieux des cultures dans lesquelles il évolue.

Découvrez les associations surprenantes, évidentes, sensibles de Nicolas Le Brun, et laissez s’éveiller en vous d’autres résonances…

Quelques artistes : Banksy, Bruegel l’Ancien, Gustave Courbet, Thierry De Cordier, Francisco de Goya, Wim Delvoye, Robert Doisneau, Léon Frédéric, Brigitte Grignet, Marc Hanniet, Ferdinand Hodler, Thomas Hoepker, Winslow Homer, Edward Hopper, Gustav Klimt, Edouard Manet, Michel-Ange, Edvard Munch, Claudine O’Sullivan, Pierre & Gilles, François Pompon, Auguste Rodin, Nicholas Roerich, Gerald Scarfe, Paolo Troilo, Philippe Dutilleul-Van Der Linden, Phil van Duynen, Vincent Van Gogh, Antoon Verbeeck, Lora Zombie.

 

 

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Centre d'Art Contemporain du Luxembourg belge

Habiter les Lieux - Occupying Spaces

L’art contemporain, ce peut être une sortie des formes sclérosées par trop d’usage. Où l’artiste se libère du convenu, donc des réalisations de ses devanciers, pour mieux s’affirmer. Totale rupture ou appui sur une tradition afin de la faire sienne ? Chacun est libre de décider selon son inspiration, à partir de sa personnalité, de ce qu’il désire dire, de lui, du monde qu’il vit, visible ou non.

Alain Renoy

Depuis bientôt 33 ans, le Centre d’Art Contemporain du Luxembourg belge (CACLB) poursuit ses multiples missions de médiation.

(Re)découvrez les multiples facettes de l’Art Contemporain au travers des réalisations mises en place ces dernières années par plus de deux cents d'artistes dans cet écrin de verdure niché au coeur de la province du Luxembourg belge.

Textes : Alain Renoy.

 

9782930451237,0-4765713.jpgFRANK STEYAERT - MEMORABILIA

Frank Steyaert est né en 1953 à Dendermonde, en Belgique. Son œuvre se rattache à la Nouvelle Céramique, un courant international émergeant dans les années 1970 et caractérisé notamment par une approche sculpturale réaliste. Artiste pluridisciplinaire, doté d’un énorme bagage technique, il est céramiste et auteur de bijoux, d’estampes, de meubles et d’éléments monumentaux en terre cuite intégrés à des projets d’architecture. Pour la première fois, ces aspects moins connus sont mis en perspective avec les diverses déclinaisons d’épaves de bateaux en céramique qui l’ont rendu célèbre. Ludovic Recchia, Directeur artistique du Centre Keramis, réunit différents auteurs, notamment Frédéric Bodet, Stéphanie Le Follic-Hadida, Marc Dubois et Carine Verleye, qui mettent magnifiquement en perspective les œuvres éclectiques de cet artiste surprenant. Cette monographie est éditée en collaboration avec Keramis, qui consacre une importante exposition rétrospective à l’artiste. Installé sur le site de l’ancienne faïencerie Boch à La Louvière, Keramis est un espace d’art et de création spécifiquement dédié au medium céramique.

Textes : Frank Steyaert, Frédéric Bodet, Stéphanie Le Follic-Hadida, Marc Dubois, Carine Verleye et Ludovic Recchia.

 

Email - lk@prisme-editions.be

PRISME EDITIONS
Avenue Wielemans Ceuppens, 45/2
1190 Bruxelles - Belgique

tél: +32 (0)2 346 13 19 — fax: +32 (0)2 346 13 03

Découvrez notre rencontre avec Michel Francard lors des Roulades littéraires corsées du 7 décembre 2017

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