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08 février 2016

L’état du monde selon Sisco – Pascal Louvrier – Allary Editions - 203 pages – Janvier 2016

9782370730800,0-3022101.jpgIl s’ancre à la vie tel un équilibriste sur une structure flottante…


D’Ernst Neufert à Mozart tout est pour lui assemblage de notes, de normes… Tout déclenchait en lui une vive émotion, son cœur s’emballait.


Mozart, Bach…


La poésie, Rimbaud, Nerval, surtout. Les mots et les notes, c’est la légèreté. L’architecte en a besoin, elle le détourne des lois de la gravité !


Adolescent, réfugié au grenier, seul, il observait les araignées au minuscule corps velu au cœur de la toile géante. Il leur doit sa démesure et sa perfection. Une volonté esthétique du détail. Le secret des êtres se révèle en une fois, de façon inopinée.


Son futur rôle d’architecte : être le metteur en scène de notre nostalgie future. Il rêvait d’un monde où la possibilité de créer ne serait pas empêchée par le cynisme des médiocres.


Que l’homme ! L’homme, seul, au milieu du béton, du granit, et du verre… C’est ça que veut Sisco.


Marc Sisco est hors norme. C’est donc, comment dire… normal qu’il ne lui arrive que des choses insolites.


Si Eiffel, cet homme fou de chagrin d’avoir perdu sa femme, érigea sa tour, expression phallique de ce même amour que la mort avait emporté, lui, Sisco dotera Venise d’un nouvel opéra.


« Toi Camille, tu l’as vu esquissé ce projet, sur le sable de la côte atlantique alors que tu n’étais qu’une adolescente. J’aurais dû t’épouser, je ne l’ai pas fait, j’aurais voulu avoir un enfant de toi, passons… »


A l’aéroport, déjà, ça n’allait pas très bien.


Un poids sur la poitrine, une boule au fond de la gorge… L’image du visage radieux du maire de Venise lorsqu’il lui annonça que le projet T 40 était accepté. Son projet.


Fuir l’agence, les félicitations, les mails, mettre ses lignes sur répondeur, couper le portable. Tourner le dos aux réseaux sociaux. Il n’en avait rien à faire. Quelle perte de temps alors que le soleil n’est pas éternel !


Marcher sous la pluie…


« Ce rendez-vous à la Closerie des Lilas ou en t’attendant, j’étais seul face à mon whisky sec. Des femmes stagnaient devant le bar comme des voiliers en mal de vent… »

 

Pascal Louvrier use d’une plume fine d’émotion et de sensibilité pour nous tracer l’ombre fuyante d’un personnage en quête ce petit bout de lune manquant... Lui et… elle, étaient désormais disjoints. Et comme pour un corps qu’on tronçonne en deux, une seule partie contient le cœur. C’est elle qui avait emporté son cœur, pour toujours. Il aurait dû le comprendre…

16:38 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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