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14 juillet 2016

Une question d’harmonie – Bérengère de Chocqueuse – Belfond – 331 pages – Avril 2016

9782714473141,0-3175728.jpgIls devaient tous présenter le Concerto pour contrebasse n° 2 en mi majeur de Dittersdorf.

Paul respira un grand coup, se répéta une ultime fois les conseils de son professeur et se lança. En un instant, dès qu’il commença à faire courir son archet sur le manche de sa contrebasse, toute sa peur disparut. Il se sentait bien, en totale possession de son instrument, avec l’intime conviction d’être à sa place…

Mais rien n’était fait !

Son bonheur fut de courte durée et Paul Varande se replongea dans sa préparation physique et mentale comme un athlète de haut niveau.

 

« Mademoiselle Dumant ? Il s’agit d’un vieux Monsieur, il a quatre-vingts ans, c’est un ancien musicien, qui a fait toute sa carrière à l’Orchestre national de France. »

 

Julia Dumant, en train d’accomplir un semblant d’émancipation, éprouvait le besoin de voir sa vie au travers d’une lignée. L’étudiante en histoire de l’art avait appris par son amie que le frère de son copain avait réussi à tisser des liens forts avec plusieurs « seniors » de son quartier.

C’est ainsi qu’elle fit la connaissance de Paul Varande. L’homme vivait entouré de livres et surtout avait pour compagne une magnifique contrebasse.

Julia réalisait ainsi son rêve de discuter avec quelqu’un de passionné, non seulement d’art mais aussi de la vie !

Elle qui se sentait parfois en décalage par rapport à certains de ses amis. Il y avait Victor, fils d’un commissaire-priseur renommé ; Elodie, qui courait les musées et se destinait à la carrière de commissaire d’exposition. Son autre amie Cécile, quant à elle, en était sûre : elle serait conservatrice du patrimoine.

Mais Julia, elle, ne savait pas ce qu’elle ferait à la fin de son cursus. Elle ne parvenait pas à se projeter dans un métier en particulier.

Et il n’y avait qu’avec Paul Varande, le vieux musicien, qu’elle était dans le contrôle.

Or Paul, à qui elle rendait visite le dimanche après-midi, ne se confiait guère.

Julia était souvent déstabilisée par le mutisme et la froideur du vieux musicien.

Lorsque à l’évocation d’un nom, mille souvenirs, qu’on croyait enfouis dans son cœur, bien au chaud, remontèrent à la surface…

 

Bérengère de Chocqueuse bat la mesure de deux générations qui vont nouer leur amitié autour d’une patiente écoute de l’un et de l’autre. Même si l’impertinente curiosité de l’un ne rend pas l’autre dupe…

La sagesse est constructrice.

17:36 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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