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03 juillet 2017

Swinging Mai 68 – Jean-Claude Fournier – éditions Marivole – 416 pages – Mai 2017

Swinging Mai 68.jpg« Il fallait jouer serré. Dès les premières mesures de Nights In White Satin, notre Don Juan du bocage se précipita en direction d’une grande brune qu’il avait largement eu le temps de repérer pendant la demi-heure précédant le frotteur tant espéré. Comme au pays, c’était la ruée vers les filles, semblable à la scène de course de chariots dans les westerns, lorsque les lots de terre sont attribués au premier arrivé sur la parcelle convoitée. »

 

Petit retour en arrière.

Nos lascars dûment harnachés de leurs sobriquets, partirent donc à l’aventure au début de l’été 1963.

Nos contents de jeter leurs gourmes en pâture aux jeunes Montluçonnaises, « Velu » et « Cendré » décidèrent de faire la campagne de Suède. La grande blonde imberbe était à la mode.

Ils découvrirent les autoroutes allemandes, que l'on pouvait emprunter pour rejoindre plus rapidement le Danemark, dont ils ne virent pas grand-chose, pressés d’atteindre les lieux de leurs futurs exploits…

Mais l’époque des exploits n’a qu’un temps. Quitter Vénus et son mont est annonciateur d’une fin de vacances bien proche.

Retour au bercail. En cette fin d’été, leur ville natale leur paraissait encore plus provinciale et étriquée.

Le retour au pays fut difficile pour celui qui devait bientôt partir en Allemagne. Seize longs mois allaient lui être volés par la nation.

 

Lorsqu’il revint au pays, le « Cendré » dûment baptisé Jean-Charles et jeune enseignant frais émoulu, ne disposait que de quelques jours avant de reprendre une classe qu’il délaissera dès la fin de l’année scolaire arrivée.

Il partit sans se retourner, début septembre, au volant de sa 2 CV et accompagné de « Brouette » un ami qui se morfondait au pays après avoir raté son bac. Ce dernier avait décidé lui aussi d’aller tenter sa chance en Angleterre.

 

À eux les petites Anglaises… Mais les rosbifs veillaient.

Notre French lover de service devait encore apprendre à affuter ses approches.

Les mois passèrent et toujours ce lancinant désir inavoué, celui de ne pas se retrouver célibataire à trente ans ou plus. Dans son entourage, on disait parfois qu’il fallait « se ranger des voitures » avant cet âge fatidique.

C’est donc dans cet état d’esprit qu’il arriva à Londres en ce début d’année scolaire 67-68, une année qui devait tout changer, pour lui… et pour beaucoup de gens.

Mais il ne le savait pas encore…

 

Ah, ces gargouillis d’onde innocente purifiée par les souvenirs de celui qui regretterait à jamais de n’avoir su goûter les charmes de son pays natal lorsqu’il était jeune…

 

Jean-Claude Fournier a vécu les années dont il nous parle dans ce troisième roman. Il a effectué le « pèlerinage » qu’une génération d’adolescents provinciaux frustrés effectuait en Suède, afin d’y trouver des délices supposés, souvent fantasmés, que les lois natalistes de la France d’avant 68 interdisaient aux postulants à l’amour libre et que les moyens de contraception permettaient déjà dans les pays du Nord à la même époque.

 

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22:09 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Écrit par : Matho | 04 juillet 2017

Bien vu ce commentaire de mon bouquin. Vous dites l'essentiel. Il faudrait peut-être ajouter que le héros est tiraillé entre le désir d'air marin, et la nostalgie de la douceur angevine, (qui est bourbonnaise en l'occurence) mais qui pourrait s'appliquer à tous les terroirs de l'enfance, qui tout à la fois protègent mais enferment.
Merci pour votre article, qui montre que ce roman dit "de terroir", peut intéresser des lecteurs non jexagonaux

Écrit par : Fournier Jean-claude | 04 juillet 2017

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