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05 janvier 2018

La solitude des étoiles – Martine Rouhart – Murmure des soirs éditions – 223 pages – Octobre 2017

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Pour Suzanne (68 ans) sa fille Camille est une énigme, transparente derrière un miroir sans tain.

Camille, veuve de Bruno qui la laissa désargentée, deviendra aide-vétérinaire.

C’est une femme plus fermée qu’une huître, qui se fond dans la lumière. Un vrai bloc de passivité…

Jeune fille, elle a fui David, le copain trouillard qui l’a sacrifiée sur l’hôtel de la couardise !

Vraiment la vie passe à côté d’elle.

Camille reste passivement branchée sur un mode de vie du genre « quête incessante » mais qui ne mène nulle part.

 

En dépression depuis des mois, elle se retire dans une maison isolée au fond des Ardennes.

Et toujours une chaîne d’irrésolutions. De ronds dans l’eau.

Des heures de cogitation sans parvenir à décider quoi que ce soit…

 

Cet après-midi-là, un coup à la porte, une clenche qui s’abaisse, et un homme pousse grand la porte !

 

Dehors les trouées du ciel se sont rejointes en un vide profond qui a absorbé toute grisaille. Alors qu’un drame est peut-être en train de se jouer, que les dés sont déjà jetés, l’indifférence d’un ciel totalement bleu.

C’est ainsi que va le monde, partout et à tout instant, le malheur et la mort creusent des galeries dans les insouciances.

 

Un pilleur de tranquillité.

L’homme s’installe, prend son temps et la solitude de Camille. Rien en échange…

Pas difficile de deviner dans son âme quelque chose de nuageux.

 

Nous entrons dans le récit, comme dans un paysage, ou comme certains qui se laissent aspirer au cœur des peintures, nous baignons dans une autre dimension.

Parfois, entre deux solitudes égarées, une passerelle fugitive est lancée, un sourire, des yeux qui s’accrochent, un fil fragile qui se brise dans l’instant…

 

L’écriture de Martine Rouhart est une suite de petits billets, accumulés, défroissés, assemblés…

Que parfois un souffle emporte pour mieux se rejoindre et jalonner le récit du lecteur…

 

Oublions Andromède, laissons Reeves voyager dans la Voie lactée, et Duras à sa solitude.

La postface, inutile, grève le récit. Le lecteur est privé de son rêve et le confine dans une immense frustration. Une autre clé de lecture lui est imposée.

23:17 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

je le lis comme un journal chaque jour un chapitre et la petite musique du texte commence à s’étoffer et devient peu à peu entêtante, on désire la suite et on la redoute en même temps, je regrette juste les passages de Suzanne qui me déconnectent de la complicité avec la narratrice qui est devenue une pensée qui compte, il y a des fulgurances profondes dans les réflexions intimes qui viennent jalonner le récit et peu à peu cet être humain a pris place près de nous.

Écrit par : Ceejay | 06 janvier 2018

Réponse à CeeJay
Belle description du ressenti d'un lecteur poète, pris par l'émotion de la lecture.
Le texte de Martine Rouhart gagnerait à être retravaillé, allégé, laissant l'essence même de sa pensée illuminer toute son écriture.
Comme je l'ai écrit dans la chronique, il ne suffit pas d'assembler quelques petits billets pour construire un texte.
Le développement d'une idée, d'une réflexion permettra d'aller plus en profondeur dans la démarche d'écriture.

Écrit par : Willy Lefèvre | 06 janvier 2018

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