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22 mars 2018

On eut aimé poser quelques questions. Quelques réflexions de l'écrivain Cristian Ronsmans après la rencontre de Daniel Salvatore Schiffer avec Jean-Baptiste Baronian.

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On eut aimé poser quelques questions. Faute de pouvoir le faire. 


Quelques réflexions tout à trac...


Le romantisme porte en lui les ingrédients du mortifère. Et il me semble qu’il y a de ce fatalisme dans le dandysme, dans son protocole de comportement social. Il ne me semble pas qu’il soit la caractéristique d’une séduction, instrument du désir. Mais une séduction qui se suffit à elle-même

C’est en cela que l’ouvrage de Daniel Salvatore Schiffer « Traité de la mort sublime. De Socrate à David Bowie » a retenu toute mon attention dans son entretien remarquablement et rondement mené par Jean-Baptiste Baronian hier soir à l’AEB.

Le titre de ce livre, à lui seul, en dit long à travers les questions qu’il pose.

Si ce comportement social du dandy, dessiné par les portraits de, qui Brummel, qui Baudelaire ou encore Bowie, peut renvoyer l’image d’une certaine école de vie, il me semble être davantage représentatif d’une école de mort. Où la vie n‘est qu’une péripétie entre ces deux balises, naissance et mort.

On en arrive ainsi à Socrate. Si celui-ci est considéré comme père de la philosophie, comme le dit J. Roustang : il est le premier psychanalyste de l’histoire avant que Freud ne l’inventât.

Le maïeuticien, au-delà de sa technique d’accouchement des âmes, nous rappelle que la femme accouche toujours sur une tombe. Du berceau à la tombe il y a l’épreuve de la vie, indexée, en vérité, à une école de la mort. Apprendre à vivre c’est apprendre à mourir.

Le dandysme, à mes yeux, devient l’instrument de cette école mortifère avec sa nécessité de réussir cette mort.

David Bowie selon l’auteur, Salvatore Schiffer, devient l’exemple d’une remarquable réussite qu’il qualifie de Mort Sublime.

Ici attachons nous à ce mot « Sublime ». S’il s’agit « d’aller vers plus haut, de s’élever » on peut aussi considérer étymologiquement, que le mot se forge sur deux syllabes latines : sub, « sous » et limes « frontière »

Au point ultime du dandysme, le dandy se trouve aux frontières communes à la vie et à la mort.

Le dandy se situe dès lors, comme le fut David Bowie, sous la frontière de la Mort vers laquelle il va s’élever dès qu’il aura franchi la Sublime Porte. David Bowie avait probablement atteint un niveau tel du dandysme que de son vivant il fut déjà « dans et hors du monde ». Il parvint ainsi à franchir cette frontière, avec cette magnifique élégance qui permet au dandy de passer de la réalité au Réel.

Ce livre est à lire impérativement.

 

Cristian Ronsmans

11:39 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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