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23 mars 2018

Fehriye Erdal, tête de Turque - Bahar Kimyongür - Nowfuture éditions - 182 pages - Février 2018

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Fehriye Erdal, une étudiante turque et militante d'extrême gauche, est accusée d'avoir participé à l'assassinat de l'homme d'affaires Ozdemir Sabanci en 1996. Elle s'enfuit vers la Belgique en 1999. Pendant des années, elle vit dans l'attente du statut de réfugiée politique avant d'être condamnée par le tribunal de Bruges.

Ecrit par l'un de ses soutiens qui partagea son assignation à résidence.

 

Istanbul, janvier 1996. Le puissant homme d'affaires Özdemir Sabanci est tué par le mouvement marxiste DHKP-C. Une étudiante, Fehriye Erdal, employée au nettoyage, est soupçonnée d'avoir ouvert les portes aux tueurs. Complice ou non, elle disparaît sans demander son reste.

Militante de gauche, issue d'une minorité ethnique et religieuse criminalisée par l'autorité turque, Fehriye Erdal est une résistante non-violente. Mais suite à l'attentat, Ankara voit en elle une terroriste et une coupable idéale.

Knokke, septembre 1999. Par hasard, la police belge met la main sur Fehriye Erdal suite à une perquisition. Après une première détention à Bruges commence une saga judiciaire qui durera des années et la contraindra à vivre en résidence surveillée et secrète. La situation est bloquée : la militante n'est ni expulsable, ni extradable, ni incarcérable, ni régularisable. La Belgique joue un jeu trouble, entre obligation de protéger une réfugiée d'opinion menacée de mort par un Etat turc ultra-violent et souci de plaire à Ankara pour raisons diplomatiques. Une poignée de militants, faisant preuve d'une magnifique générosité, partagent la réclusion de Fehriye Erdal, se dévouant secrètement pour son bien-être et sa sécurité durant près de 2000 jours, jusqu'à sa nouvelle disparition en 2006.

Bruges, février 2017. Fehriye Erdal est condamnée par défaut par le tribunal correctionnel de Bruges à quinze ans de prison pour l'assassinat d'Ankara en 1996. En fuite depuis onze ans, l'inculpée n'a pas pu se défendre.

Ce livre, écrit par un de ceux qui lui ont porté assistance durant son assignation à résidence, lui offre enfin une voix. Il décrit non une tueuse mais une jeune militante idéaliste, cultivée, luttant pour un monde meilleur. Il dénonce aussi les coups tordus et compromissions de l'appareil sécuritaire et répressif de l'État belge.

 

L'auteur, Bahar Kimyongür, né à Bruxelles, diplômé de l'ULB en Histoire de l'art et Archéologie, est actif dans la défense des minorités persécutées au Moyen-Orient. Harcelé et menacé par le régime Erdogan, il est soutenu par le Comité pour la liberté d'expression et d'association (CLEA), la Ligue des droits de l'homme, Fair Trials International (FTI) et Amnesty International. Il collabore avec des ONG actives au sein du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève.

14:39 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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