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Casino d'hiver

Casino d'hiver

Auteur : Dominique BESNEHARD & Jean-Pierre LAVOIGNAT

Éditeur : PLON

Année : FEVRIER 2014

L’homme en a l’allure mais en plus il est le nounours de ses dames. Leur chouchou aussi. Trois ans de cogitation pour penser ce livre avant d’oublier ce qu’il a à raconter sur ses quarante ans de vie de cinéma. Accompagné de la complicité de Jean-Pierre Lavoignat, il jette un regard dans le miroir de sa vie. Ce dont l’homme se souvient, c’est de l’enfant de 10 ans qui, au retour des vacances d’été passées dans les colonies de vacances avec frère et sœur, retrouvera la plage et le casino de la station balnéaire d’Houlgate où ses parents exploitent un commerce. L’hiver, ce temple des loisirs est défraîchi, les affiches de la saison estivale flottent à tous vents. L’enfant n’a plus que ses rêves, ses fantasmes. Il échafaude des défilés de mode, des concerts, des spectacles, des films avec les actrices belles comme des cœurs. Ce n’est pas un grain de sable qu’il a sur la langue, mais un cheveu. Cette petite différence, parmi tant d’autres, ne sera pas un obstacle à la réalisation de ses ambitions. Tout ébloui par ces étoiles, l’enfant qu’il est dans les années soixante, muni du dernier vinyle acheté, sera plus préoccupé d’obtenir un autographe de l’idole passant en vedette américaine que du groupe de jeunes anglais faisant la une de l’affiche.
Après des études techniques, et les premiers petits métiers dans le monde du cinéma, il fait du casting sauvage à la sortie des écoles, à la recherche d’enfants pour tourner entre autre « Sac de billes » où il tiendra un rôle de moniteur. Il a la curiosité de tout. Ses conversations de culture avec sa professeure de français, les connaissances qu’il accumule et les fouilles qu’il entame pour engranger le maximum de l’histoire des gens qui créent et font du cinéma, vont l’amener, au fil du temps, à faire du casting et à devenir ensuite agent d’acteurs et d’actrices, producteur et occasionnellement acteur lui-même, en Louis XVI ou dans des rôles de pourris…
Grâce au hasard, aux rendez-vous osés, aux rencontres décisives, il animera cette grande course au rêve. Faire et faire faire du cinéma. A des jeunes qu’il découvre, à des acteurs chevronnés qu’il accompagne, à des plus âgés, oubliés par la profession, qu’il fera rejouer ou du moins tenter de leur remettre pied à l’étrier. Un jour, il raccrochera le téléphone au nez de Marlène Dietrich, pensant ouïr une plaisanterie. Traitant la vieille dame d’idiote, alors que cette dernière lui quémandait un des magazines « Variety » que l’agence pouvait lui fournir !
Dans son carnet d’adresses foisonnent plus de noms propres que dans la bible. Comprenez alors pourquoi je n’en ai cité qu’un dans cette chronique. Les plus belles femmes sont à son bras pour gravir le tapis rouge. Plus manager que patron, il met un point d’orgue à respecter les gens. Même lorsqu’un vieux singe lui saute dessus..., il franchira le ruisseau d’un pas honorable ! Il se pliera aux caprices de l’une ou l’autre star, gaffera aussi, mais persuadera aussi l’acteur d’une mauvaise pièce qu’il arrivera à la maîtriser…
Dans ses bureaux, sur les tournages, il partage des moments de vie, de joie, de tristesse grâce à son sens inné de la fidélité.
L’homme aurait pût être un extraordinaire jardinier. Sa sélection de graines et de plantes aurait créé de magnifiques jardins. Fleuriste aussi, car l’art du bouquet il l’a pratiqué durant toute sa carrière même si quelquefois les picots d’une rose rouge l’ont blessé…

Note : 8/10

Babelio

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