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CHARLEROI 21-23 août 1914

CHARLEROI 21-23 août 1914

Auteur : Damien Baldin & Emmanuel Saint-Fuscien

Éditeur : Tallandier

Année : Août 2012

Le 23 juillet 1914, l’Autriche-Hongrie lança son ultimatum à la Serbie qui – comme prévu – le rejeta. Le 25, la Russie apporta son soutien à la Serbie. Le 29, l’Autriche-Hongrie déclara la guerre à la Serbie. Le 1er août, l’Allemagne entrait en guerre avec les Russes. Ce même jour, la France décréta l’ordre de mobilisation générale. Le 3 août, l’Allemagne déclarait la guerre à la France. Le 4, l’armée allemande entrait en Belgique, nation pourtant neutre. A une allure vertigineuse, l’incendie s’étendra à travers l’Europe. Tant à Berlin qu’à Paris, les états-majors ont opté pour des plans résolument offensifs. Joffre envisage deux offensives vers la Moselle. Du côté allemand, les armées ont pour mission de traverser la Belgique puis de se rabattre pour envelopper une armée française contenue aux frontières.
C'est dans la région de Charleroi, du côté d’Auvelais, Tamines ou Arsimont, que Français et Allemands s'affrontent pour la première fois. C'est là que l'on creuse les premières tranchées. Les Français arrivés avec leurs chevaux, leurs baïonnettes et leurs pantalons rouges, harnachés pour mener des batailles comme au siècle passé, se retrouvent face à des troupes allemandes déjà forgées au feu des offensives précédentes, mais surtout appuyées par une artillerie plus moderne et prête à déverser des tonnes d’obus. C'est là que l'on découvre le déluge de feu des nouvelles mitrailleuses modernes fauchant les jeunes hommes en pleine peur face à ce nouveau type de combat auquel ils ne s’attendaient pas.
La bataille de Charleroi surgit rarement à l'évocation de la Première Guerre mondiale. Les historiens préfèrent s'intéresser à la Marne, Verdun ou encore au Chemin des Dames, lieux d'un héroïsme et d'une tragédie sans nom. C'est pourtant là que l'histoire de la violence guerrière du XXe siècle commence ce vendredi 21 août 1914. Sous la puissance de feu inédite de l'artillerie allemande, l'armée française vit les heures les plus meurtrières de son histoire - près de 7000 soldats français sont tués le 22 août à Charleroi, presque 40000 entre le 21 et 23 août sur l'ensemble du front. La violence des combats n'épargne pas non plus les civils. Pour la première fois, les combats s'engagent dans les rues, les maisons, les usines.
Tous les amateurs d’histoire militaire ne pourront que se réjouir de découvrir le récit de Baldin & Saint-Fuscien. L’analyse de l’inadaptation des outils militaires français et allemands aux conditions de la guerre moderne, révèle de graves manquements de la part des hauts commandements et officiers français, vite dépassés par la complexité du conflit. Les mauvais renseignements sur les dispositifs adverses engendrent un grand désordre. S’en suivront des limogeages dans les rangs des officiers supérieurs et ce sont finalement les officiers subalternes et leurs sous-officiers qui s’imposèrent comme figure de commandement. De la lecture de cet ouvrage, il ressort une impression de grand désordre engendrant des dysfonctionnements surprenants. La non-maitrise des moyens de communication et l’apparition de l’aviation dans ce conflit (on appréciera les quelques anecdotes montrant soldats français et allemands tirer sur leurs propres avions par simple peur) augmenteront encore le chaos.
Quelques jours plus tard, les Français repartiront défaits, comprenant que le XIXe siècle est terminé et que la guerre est entrée dans une toute nouvelle ère.

Note : 7/10

Babelio

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