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Cosplay

Cosplay

Auteur : Laurent Ladouari

Éditeur : Hervé Chopin

Année : Janvier 2014

Jeune polytechnicien plein d’avenir, l’auteur décide un jour de réaliser un rêve d’enfant, un projet de longue haleine : écrire. Poussé pas ses parrains Alexandre Dumas et Jules Verne, et peut-être aussi nourri au son des « fugues » survolant les ruelles de Valdemossa ? Car si Laurent Ladouri ne s'en imprègne peut-être pas musicalement, il a quand même réussi à faire éditer son premier roman par l'homonyme du compositeur, un éditeur prénommé Hervé.
J’ai découvert Laurent Ladouari et « COSPLAY » c’est sur la recommandation de Slava, son attachée de presse parisienne. Ce livre, de prime abord éloigné de mes habituelles sélections, m’a permis de découvrir un fin analyste de notre société contemporaine maitrisant les positions contrariées et empruntant la voie des lettres après avoir quitté la voie des sciences.
L’auteur se projette dans un futur aux libertés astreintes, avec les contraintes d’une société corsetée et sans avenir. Ce magicien du roman choisit de tirer son héros d’anticipation du peuple des trottoirs sur qui notre société jette à peine un coup d’œil méprisant pour certains.
Zoran Adamas, dit le Gitan, un milliardaire rom, en investisseur bien avisé, décide de racheter, assez cher même, une entreprise au bord de la faillite, et ose déclarer que c'est pour la détruire.
Il organise pour ce faire une sorte de jeu de rôles costumé au sein des trois milles salariés. Il leur impose de jouer pendant trois jours au « Cosplay », jeu tout autant diabolique que machiavélique car l’on ne vise ni plus ni moins que la disparition de leur entreprise. Ce jeu insensé, car sans règle, dans lequel sont projetés les salariés de l’entreprise de micro-processeurs en situation de mort clinique et dont les objectifs sont réduits à néant, se fait via des avatars, personnages tridimensionnels masqués. Les participants comprennent qu'il s'agit de les pousser à démissionner en masse et que, pour survivre, il va falloir s'unir et s'organiser différemment. La peur de mourir nourrira un sentiment de survie au sein des participants. Cette entreprise, si puissante quelques temps auparavant, oubliera de se fixer de nouveaux objectifs, de se remettre en question au risque de se voir remplacer par un prédateur plus puissant. Dans un monde virtuel où tous les coups sont permis, où chacun s’affronte derrière un masque (on y croise ainsi Savonarole, Léonard de Vinci, Zorro, Gandhi, Jules César…etc.), le monde et les médias s’interrogent aussi : quel est l’objectif d’Adamas ? N’y a t-il pas un moyen moins cruel, moins dur d’arriver à ses fins. Mais ce serait oublier qu’après la destruction, vient le temps de la reconstruction …
Mais la donne sera changée, d’autres règles cristalliseront le monde de ce futur proche. Que découvrirons alors nos héritiers en 2050 ?
Ecrit sans conteste avec le plaisir de voir fondre sa rame de papier vierge, pour la transformer en un texte qui laisse entrevoir le début d’une extraordinaire saga… Laurent Ladouri biberonné à l’Histoire et à la Mythologie grecque, se nourrit de l’obsession de ne pas lasser ses lecteurs. Il écrit en se demandant si la personne à qui il raconte son histoire, est encore en train de l’écouter, si cette personne ne fuit pas vers d’autres horizons, ou si l’attention de son auditeur, de son lecteur reste suspendue à la découverte de la ligne qui s’annonce, prometteuse d’un surprenant rebondissement.

Note : 7/10

Babelio

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