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La saga Maeght

La saga Maeght

Auteur : Yoyo Maeght

Éditeur : Robert Laffont

Année : Juin 2014

La Saga Maeght - Yoyo Maeght - Robert Laffont - 330 pages - Juin 2014

Août 1963. Musée Picasso à Antibes. Au milieu de la foule des invités deux hommes devisent joyeusement, admiratifs de la jeune enfant, Yoyo, une des petites-filles d’Aimé et Marguerite Maeght. Mais ce soir encore, ses parents ne viendront pas, en fait ni ce soir, ni un autre soir… il est difficile d’être une petite fille partagée entre deux familles qui se déchirent, entre un père et un grand-père. Tout écorchée par les tensions familiales, écorchée vive comme le « Bœuf » de Soutine. Soutine dont Aimé laissa filer « Le lièvre pendu ». Le patriarche s’en mordra les doigts, bien des années plus tard.
« Vois-tu, Yoyo, mes deux premières filles, à leur naissance étaient de magnifiques bébés. Mais toi, toi tu étais horrible. J’hésitais à te donner le sein car j’avais l’impression de nourrir un rat ». Affreux ! Ces mots lancés par une mère à l’humour sarcastique, Yoyo les entend encore. Son papa, Adrien, capable d’être infiniment drôle, est plus potache. Il est joueur et aime le plaisir, les automobiles. L’attention portée par les parents est distraite, lointaine… Leurs plaisanteries caustiques, dadaïstes et follement surréalistes s’exercent le plus souvent aux dépens des fillettes.
Les années passant, la petite famille s’installe à Paris. Adrien, bon vivant, aime la bonne chère. L’une des plaisanteries les plus fameuses et les mieux organisées avec Lino Ventura, est le concours de cuisine organisés chez les concierges de l’immeuble. Dans les jours qui suivent, Adrien repasse voir la bignole impatiente, apportant un gros bouquet de fleur, une médaille et un beau certificat imprimés sur les presses des Ateliers Maeght.
Les « professeurs » de Yoyo, se nomment Malraux, Miro, Chagall, Montand, Aragon… Prévert aussi l’accompagnera : « Quand j’ai du vague à l’âme, je m’isole avec Adonides, l’ouvrage que fit Prévert avec Miro. Je suis sonnée, paralysée, je voudrais me fondre dans cette page dans les mots de Prévert, mon ogre, dans les couleurs de Miro, mon protecteur, c’est d’une violence extrême pour moi, la violence de la beauté totale, mentale, physique, psychique. Puis les traits, la poésie me rassurent, m’enveloppent, me voilà apaisée… Je remets le livre en place, je suis épuisée, je suis heureuse ».
« Chez Papy, Aimé Maeght, nous sommes une horde d’enfants de tous âges et de tous les pays à qui l’on sert de pantagruéliques goûters. Nous sommes ces joyeux petits diables qui déferlons en ouragan sur la magnifique propriété que Papy n’a de cesse d’embellir et qu’il nous offre comme terrain de jeu. Nous sommes à Saint-Paul-de-Vence, en été 1964. Mamy aime donner une impression de stabilité, de rigueur, de bourgeoisie. Elle nous impose des règles pour nous laisser la liberté de les enfreindre. Elle est non pas le complément d’Aimé, mais elle est l’esprit sans lequel il ne pourrait réaliser ses folles idées ».
Mais qui était Aimé Maeght ? Hiver 1916, l’Europe est en guerre. Louis Maeght, ajusteur-ingénieur des chemins de fer, père d’Aimé, disparait dans l’explosion de la gare d’Hazebrouck. Marthe sa femme, mère de quatre enfants est prise en charge par la Croix-rouge et dirigée vers Nîmes puis vers Saint-Hippolyte-du-Fort où un paysan du joli nom de Milou Berbiguier s’est proposé d’accueillir les réfugiés.
Quelques années après, Aimé épouse Marguerite. « Guiguite » ne tentera jamais d’éteindre les incendies allumés par son époux, mais elle cherchera comment parvenir à réaliser les utopies d’Aimé…

Note : 8/10

Babelio

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