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Voyage corsaire

Voyage corsaire

Auteur : Giuseppe Santoliquido

Éditeur : Ker éditions

Année : 2014

La muse hante les nuits l’écrivain. Tout bout en lui. Les connaissances acquises durant ses études, sa vie professionnelle, ses lectures, ses voyages, ses rencontres.
Le besoin de partir à la découverte, de regarder l’autre, les autres, qui peuplent un autre continent, une autre civilisation, avec d’autres mœurs, d’autres vécus, d’autres philosophies.
Mille et une nuits que la muse le hante, mille et une nuits que la belle fait virevolter les fiches de notes que Giuseppe Santoliquido cache au plus profond de son être.
Et par une nuit sans lune, Giuseppe Santoliquido brandit sa petite lampe d’Aladin tel le génie apparaissant au plus profond des ténèbres.
Sous la lueur de la petite lampe, dans la pièce, nous entrapercevons l’homme qui est couché, agité par le rêve du zombie qui vient de quitter son corps. En totale dysharmonie avec son être, en décalage flagrant avec ses traits habituels. Dans son échappée, le double happe toutes les ressources, toutes les connaissances détenues dans la profondeur du subconscient du corps qu’il vient de quitter. Du corps de l’écrivain cinquantenaire au sommeil agité.
« L’extru », comme tout écrivain à la recherche intérieure d’une soudaine inspiration, s’en alla prendre place à la table de travail, s’octroyant derechef le droit de manipuler calepins, notes, agendas et rédigea le manuscrit tant rêvé.
Quelle heureuse trinité s’offre à nos yeux. Le tronc, un Giuseppe Santoliquido à la plume ferme et concise. Ensuite, l’écrivain mature cinquantenaire un brin baroudeur, et pour clore cette trinité, le zombie du précédent. Trois pièces d’un puzzle découpé dans une carte de l’Afrique. Plus précisément du Cameroun, une Afrique en miniature. Quittant Bruxelles pour la découverte de nouveaux paysages, la savane, la brousse avec ses arbres hauts comme des montagnes, il ou elle (cette trinité) part à la découverte d’une oasis (son nouveau havre de paix ?). Après les soifs du désert (vide mental du zombie ?), une forme de retour en soi dont il percevrait l’écho de plus en plus distinctement. Le berceau d’une renaissance.
Frédéric Verratti avait longtemps hésité sur le choix de la compagnie et avait opté pour une société suisse qui décollerait de Bruxelles. Il monta dans l’avion et prit place près du hublot. Voyant un passager voisin en proie à un début de panique, tout en gardant ses réflexions pour lui, il songea : « la vie n’est rien d’autre qu’un emboitement de petits voyages dans un voyage beaucoup plus long, cela ne sert de s’inquiéter, de toutes les manières, personne n’en connaît la destination finale ». Le temps de vol passa en partie à s’adonner à ce jeu qu’il pratiquait dans son enfance, quand un mot prononcé au hasard en appelait un autre, une sorte de jeu de l’oie de l’esprit. Apparence, rencontre, Jeanne…
Yaoundé, des senteurs inconnues, des effluves inhabituelles. En provenance de la plaine, l’écho d’un chant traditionnel, auréolant l’apparition du « souïmanga »…
A leur passage, le bruissement des fougères semblait véhiculer un message divin, prophétique… . Ensemble ils chemineraient ensuite vers un monde dont nul n’est jamais revenu, avec le sentiment de l’extraordinaire facilité du rapport entre les éléments.
Enivrée par l’encens sortant de la lampe d’Aladin brandie part Giuseppe Santoliquido, la quête de notre propre identité se dessinera tout au fil des pages.

Note : 7/10

Babelio

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